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Transcription de la version française de l'épisode 1x15 - La dernière évasion

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

Mendoza et nos amis qui ont réussi à voler un canon à l'armée espagnole, doivent quitter en hâte le fort de l'Aigle Noir en direction du Vieux Pic. Esteban a sauvé Mendoza en échange du pendentif que celui-ci détenait.

Scène 1

En haut des créneaux du fort de l'Aigle Noir, Mendoza guète l’arrivée des Espagnols en scrutant les alentours.

Mendoza : Mes amis, je crois que je vais avoir besoin de votre aide. L'armée de Gomez va sûrement attaquer pour essayer de reprendre le canon.

Les Incas continuent de s'occuper comme s'ils n'avaient pas entendu le marin espagnol leur parler.

Mendoza : Apparemment, personne n'a l'air d'avoir envie de m'écouter. Ils sont tous très affairés. Oh !

Mendoza saute rejoindre Esteban qui se trouvait dans la cour intérieure de la forteresse inca avec ses amis.

Mendoza : Esteban, je t'en prie, essaie de leur demander de nous aider, veux-tu ?

Esteban acquiesce.

Esteban : Chef Yupanqui, il faut écouter Mendoza, c'est important. Il est possible que le commandant Gomez et ses soldats soient déjà en train de préparer leur attaque.

Yupanqui : Si c'est toi qui le demandes, Esteban, nous obéirons, mes hommes et moi.

Mendoza : (soulagé) Hé bien tu vois ? Hein !

Yupanqui : (à ses hommes) Mes amis, il faut que nous aidions Mendoza.

Aussitôt un petit groupe de guerriers se rassemble autour du navigateur qui désigne du doigt le canon qu’il avait volé à Gomez.

Mendoza : J'ai besoin que vous transportiez le canon là-haut (en montrant l'endroit où il désirait qu'on installe l'arme des Espagnols), en haut de ces marches, sur la muraille.

Scène 2

L’armée espagnole de Gomez remonte sur la crête et est en vue du fort de l’Aigle Noir.

Gomez : (en apercevant le navigateur de loin) Là-haut, derrière les créneaux, c'est Mendoza.

Sur la muraille, le canon est presque fixé avec des cordes.

Mendoza : Maintenant, Pedro, il faut l'attacher très solidement.

Gaspard : (fou de rage) Le voleur ! Le traître ! Ah, si je tenais ce Mendoza, je l'étriperai ! (à ses hommes) Allez, en avant !

Scène 3

Pichu veille en haut des murailles.

Pichu : (en apercevant les ennemis des Incas) Ils arrivent ! Les Espagnols ! Ils arrivent ! Ils arrivent !

Mendoza : (épouvanté) Quoi, ils sont déjà là ? (s’adressant aux Espagnols) Commandant Gomez ! Si vous faites un pas de plus, nous serons dans l'obligation de tirer sur vous avec votre propre canon !

Gaspard : Quelle audace ! Nous tirer dessus au canon ?

Mendoza : (à Sancho) Tire donc un coup de semonce.

Sancho : À vos o-o-... D'accord.

Sancho met un boulet dans la gueule du canon tandis que Mendoza prend une torche enflammée qu'un Inca lui tend. Il rapproche la flamme de la mise à feu. Le coup part provoquant une énorme détonation qui fait fuir les Incas massés derrière la muraille. Par réflexe, tous les Espagnols se sont tous abaissés. Malgré la trajectoire calculée par Mendoza, le boulet manque les soldats et tombe très loin derrière eux.

Gaspard : (à Gomez) Ah ah ! La belle démonstration. Quel maladroit ! Mendoza est peut-être un bon pilote, mais hélas j'ai l'impression qu'il ne sait pas très bien maîtriser le maniement de notre canon.

Gomez : (ricanant de plaisir) J'ai la même impression. Combien de boulets nous ont-ils volés ?

Gaspard : (en faisant le calcul avec ses doigts) Quatre, mon commandant. Il n'en reste donc plus que trois et ils n'ont qu'un seul tonneau de poudre.

Gomez : (ravi de ces nouvelles) Hé hé hé !

Sur la muraille, Sancho et Pedro resserrent les attaches du canon qui s’étaient défaites après la première tentative de Mendoza.

Mendoza : (à ses compagnons) Arrimez-le le plus solidement possible.

Les enfants observent attentivement la scène.

Tao : (inquiet) Tu crois que ça va marcher ?

Esteban : Ben on n'a pas le choix. Il faut absolument que ça marche.

Mendoza : On va tirer un autre coup de semonce.

Pedro : Oui.

Gaspard : (à ses hommes) Surtout, n'ayez pas peur. Ce sont des amateurs. Ils n'ont jamais tiré un seul coup de canon. Si l'un de nous était blessé, ce serait vraiment par malchance. Allez, en avant !

Les soldats se précipitent vers le fort de l’Aigle Noir. Les guerriers incas arrivent à les repousser facilement en leur tirant une pluie de flèches.

Mendoza : Attention... Feu !

Tous les Espagnols regardent le boulet passer loin au-dessus de leurs têtes et finir son vol au bas de la montagne.

Gaspard : (triomphant) Ah ! Vous voyez bien ! Il n'est pas plus capable de se servir d'un canon qu'une vache de voler. À l'attaque !

Les soldats de Gomez repartent à l'assaut de la forteresse inca.

Mendoza : (à Pedro) Vite ! Recharge le canon !

Les Espagnols continuent d'avancer.

Pedro : (épouvanté) Surtout, je t'en prie, Mendoza, cette fois-ci, ne manque pas la cible.

Mendoza : Laisse-moi faire.

Mendoza tire un nouveau coup de canon. Tous les soldats s'abaissent, même Gomez. Seul Gaspard reste debout.

Gaspard : (confiant) N'ayez pas peur, je vous l'ai dit, il est bien trop maladroit.

Le boulet passe à quelques centimètres au-dessus de la tête de Gaspard dont le soufle ébouriffe ses cheveux et sa barbe. Mais malgré sa vaillance, Gaspard s’évanouit et tombe à la renverse.

Tao : (agacé) Oh zut ! Encore raté !

Mendoza : Un autre boulet, vite !

Pedro : (terrifié) C'est le dernier, hein. Y'en a plus après ça.

Mendoza : Le dernier leur est passé juste au-dessus de la tête, celui-ci sera le bon.

Sancho : Il v-v-vaudrait mieux, p-p-parce que sinon on v-v-v-va avoir des e-e-ennuis.

Zia : Tu crois qu'ils vont réussir cette fois, Esteban ?

Esteban : Hun, hun.

Mendoza : (à la torche) Belle flamme, tu es mon dernier recours. Fais que ce boulet ne manque pas son but.

Pedro : (mettant ses mains sur ses yeux) Oh, je ne veux pas voir ça.

Sancho : (imitant son ami) S-s-santa...

Le nouveau coup de canon part dans un bruit assourdissant.

Sancho : Maria !

Sous la violence du recul, les attaches du canon cèdent et celui-ci est projeté en arrière, tombant dans la cours du fort sous les regards affolés de tous ses habitants.

Sancho : (étonné) Oh ça ! C-c-c'est le canon qui s-s-s'est env-v-volé.

Pedro : Bah alors et le boulet, où est-ce qu'il a pu aller, lui ?

Gaspard : (après avoir fait ses comptes) Ça y est, c'était le dernier. Ils n'ont plus de munitions. (à ses hommes) En avant !

Le boulet s'écrase juste devant Gaspard qui en tombe, encore une fois, à la reverse, évanoui.

Gomez : (ivre de vengeance) Le capitaine Gaspard a raison. Un canon sans boulet ne sert absolument à rien. En avant ! Et écrasez-moi ces rebelles !

Les soldats repartent de nouveau à l'assaut du fort de l’Aigle Noir.

Scène 4

C'est le branle-bas de combat dans le fort de l'Aigle Noir.

Yupanqui : Que chaque homme reprenne sa position.

Les enfants partent en courant du haut de la muraille. Tao s'arrête brusquement et regarde en arrière.

Tao : (à lui-même) En tout cas, il nous reste au moins la poudre. Ça devrait pouvoir nous servir.

Tao repart chercher le tonneau de poudre abandonné près des remparts.

Esteban : Tao, tu es fou ! Pourquoi remontes-tu ? Fais attention !

Tao prend le tonneau entre ses bras.

Tao : Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! C'est lourd ce truc.

Esteban : Mais qu'est-ce que tu veux faire ?

Tao : Oh, tu vas voir. Je viens d'avoir une bonne idée, je crois. Donnez-moi un coup de main.

Pedro : (en voyant les deux garçons en train de porter le tonneau de poudre) Hé ben où allez-vous là ? Mais il est plein de poudre ce tonneau. C'est pas un jouet, c'est même très dangereux, la poudre.

Tao : Au point où on en est, vous allez voir, j'ai une bonne idée.

Pedro : (étonné) Oh !

Sancho : F-f-f-finalement, tout ça, c'est de leur f-f-faute p-p-parce qu'ils veulent pas o-o-obéir.

En haut de la muraille, un guerrier inca, touché par une balle, tombe près des trois marins.

Pedro : (épouvanté) Oh ! Oh, je crois qu'on est du mauvais côté. Ça va mal finir si on reste là. Changeons de camp.

Mendoza : (réaliste) Impossible de retourner avec eux. C'est trop tard. Ils n'auront plus confiance en nous.

Pedro : Oh oui, t'as raison.

Les fusils espagnols déciment les rangs incas par dizaine.

Gomez : (à ses hommes) Tirez !

Gaspard : (ivre de bonheur) Visez bien ! Exterminez-les jusqu'au dernier ! Ah ah ! Vous allez voir ce qu'il en coûte de nous narguer.

Scène 5

Les trois enfants sont dans une pièce du fort de l'Aigle Noir où sont entreposés de très nombreux objets utiles à la vie quotidienne des guerriers incas. Ils entendent au dehors le bruit des combats tout proches.</span>

Esteban : Qu'est-ce que tu fais là, Tao ?

Tao emporte quatre petits pots en terre cuite.

Tao : Ça y est, j'ai trouvé. (à Esteban) Verse la poudre dans ces vases. (se tournant ensuite vers son amie) Zia, cherche un morceau de tissu.

Zia : Un morceau de tissu ? Attends. (elle va jusqu'à une caisse en bois et en ressort une grande pièce de tissu de couleur rouge) Regarde, il y a ça, est-ce que ça va aller ?

Zia présente une étoffe à Tao qui a l'air satisfait de cette trouvaille.

Tao : Euh... Oui, oui, je pense que ça ira.

Zia : Tiens.

Tao déchire le tissu avec ses dents pendant qu'Esteban remplit les pots avec de la poudre.

Esteban : Voilà, j'ai fini.

Tao : Ah, parfait. Ah, il nous faut une corde qui s'enflamme facilement comme une mèche.

Zia : Tu veux ça ? (Zia a une cordelette à la main) Je crois que ça brûle très bien.

Tao : Oh formidable. Ça me suffira largement. Tu n'as qu'à en faire quatre petites mèches. Regarde, tu enfonces le morceau de mèche dans la poudre et ensuite tu refermes le vase avec un bout de tissu, tu tasses... et voilà !

Esteban : Et alors ?

Tao : (en pointant son doigt vers son ami) Ah bah j'en connais qui vont avoir une drôle de surprise.

Scène 6

Les quatre pots remplis de poudre sont enfin terminés.

Tao : Voilà, ça y est. Nous y sommes. Tout est prêt. Bon, maintenant, Zia, il me faudrait du feu.

Zia : (en désignant une lampe où brûle une belle flamme bleue) Oh regarde. Il y a du sakia ici. On peut s'en servir.

Esteban : (étonné) Du sakia ?

Zia : Oui, le sakia, c'est du crottin de lama séché. Ça brûle bien.

Esteban : (imaginant des lamas en train de déféquer) Du crottin de lama ? Hum...

Tao : Bon, maintenant il faut qu'on se dépêche. Allez, emportons tout ça sur les remparts. Tiens, au lieu de rêver (Tao donne un pot à Esteban) allez, prends ça. Ça aussi. Et celle là. Encore une autre. Et allez, dépêchons-nous !

Finalement, Esteban est obligé d'emporter avec lui les quatre vases remplis de poudre.

Scène 7

Quand les enfants retournent dans la cour intérieure du fort de l’Aigle Noir, la bataille fait rage, les Espagnols sont presque aux portes de la forteresse.

Gaspard : (à ses hommes) À l'attaque ! À l'attaque !

Sur les remparts, Esteban est aux commandes du lance-pierre géant qui avait servi auparavant à envoyer la fusée éclairante de Tao en maintenant de toutes ses forces la corde qui doit être utilisé pour lancer les projectiles imaginés par Tao.

Tao : Zia, allume.

Esteban : Mais dépêche-toi, Tao, j'ai du mal à tenir la corde.

Tao : Allez quoi ! Pas de faiblesse ! T'es un homme, non ?

Le premier vase est envoyé : les soldats arrêtent leur avancée pour le regarder arriver sur eux sans savoir de quoi il s'agit.

Soldat : (épouvanté) Qu'est-ce que c'est que ça ?

C'est la panique générale dès que celui ci explose dans une gerbe de flammes rougeoyantes.

Tao : (fièrement) Boulet numéro deux ! Vas-y !

Le deuxième vase explose juste devant les soldats qui commencent à se replier en grand nombre.

Gaspard : Quelle est cette diablerie ?

Le troisième vase explose provoquant d’immenses gerbes multicolores derrière les Espagnols en fuite.

Gaspard : (à ses hommes) Vite ! Repliez-vous ! On va se faire massacrer ! Reculez ! Repliez vous !

Les soldats ne se font pas prier pour obéir mais laissent Gaspard sur place. Celui-ci voit arriver droit sur lui le dernier vase à la mèche enflammée qui explose au-dessus de lui, entraînant irrémédiablement la fin de la bataille.

Esteban : (à Tao) Regarde ! On les a mis en fuite ! On a réussi !

Tao : Ah ah ! On a réussi ! On leur a fait peur !

Pichu : (voletant de joie au-dessus des enfants) Youpi ! On a réussi !

Yupanqui : (soulagé de l'issue de la bataille) Merci ! Mes amis, une fois de plus, les enfants des dieux nous ont sauvés !

Cris de joie parmi les guerriers incas : "Hourra ! Hourra ! Hourra ! Hourra !".

Pedro : (honteux) On n'a pas servi à grand chose, c'est Tao qui a sauvé la situation avec ses bombes, nous on a rien fait.

Mendoza : (rongeant son frein) Ça c'est bien vrai.

Pedro et Sancho : (têtes baissées) On a honte !

Scène 8

Sur la crête, les soldats espagnols sont sérieusement abattus. Gaspard ramasse quelque chose et s’en va tout de suite le montrer Gomez.

Gaspard : Regardez mon commandant. Je viens de ramasser ça par terre. C'est pas un boulet de canon. C'est tout simplement un morceau de terre cuite. Ils ont mis de la poudre dans des vases. C'est pas dangereux.

Gomez : (se saisissant du tesson de terre cuite) Bon sang, c'est encore une idée de cet Esteban et de ses amis ! Ils me le paieront. Ah ! Les scélérats ! (il jette rageusement le morceau de poterie par terre) Ils ont envoyé quatre de ces bombes. Je suppose que leur réserve de poudre est épuisée. On peut attaquer. Il n'y a plus rien à craindre maintenant. (reprenant du poil de la bête) À la charge !

Les soldats espagnols, en ordre de bataille, repartent une nouvelle fois à l'assaut du fort de l’Aigle Noir.

Scène 9

En haut des remparts, les enfants aperçoivent la nouvelle attaque des soldats espagnols.

Esteban : Ils reviennent !

Tao : Ah, ce qu'ils sont tenaces, ces Espagnols.

Yupanqui : (réaliste) Il ne faut pas que vous restiez ici, Esteban. C'est trop dangereux. Toi et tes amis, vous devez retourner au Vieux Pic. Raconte à Kraka ce qui se passe ici.

Pedro : Ne t'inquiète pas, Esteban, nous allons t'accompagner.

Sancho et Pedro arrivent en courant auprès des enfants. Yupanqui les arrête en les menaçant avec sa lance.

Sancho : (désarçonné dans son élan) Non mais ! Mais... Mais q-q-qu'est-ce que ça veut dire ?

Yupanqui : Vous, vous restez ici avec nous. Nous avons besoin de vous pour défendre le fort.

Sancho : (protestant de toutes ses forces) N-n-n-non

Mendoza vient rejoindre également les enfants.

Mendoza : Esteban ! Yupanqui a raison, Esteban. Gomez va prendre le fort. Vous devez vous enfuir d'ici tout de suite.

Les soldats espagnols, fous de rage, commencent à forcer la porte de la forteresse inca.

Mendoza : (implorant le jeune garçon à lui obéir) Esteban ! Il n'y a pas une minute à perdre.

Esteban : (à ses amis) Ils ont raison, mes amis, allons-y. Venez !

Zia : D'accord !

Les trois enfants commencent à s'enfuir pour regagner le Vieux Pic en compagnie de Pichu.

Scène 10

Quelques instants plus tard, après une courte résistance acharnée, l’issue de la bataille était claire pour les Incas.

Yupanqui : (à ses hommes) Mes amis, il est trop tard. Replions-nous au Vieux Pic.

Les marins espagnols, armés de lances, sont ravis d’apprendre que l'heure de la retraite sonne.

Pedro : (heureux) Oh ! C'est ce que j'attendais !

Sancho : (enthousiaste) J'adore les r-r-retraites.

Sancho et Pedro sont les premiers à quitter le fort.

Scène 11

La porte du fort cède sous le poids des soldats espagnols qui investissent la forteresse inca, sabre au clair. Gomez et Gaspard rentrent en dernier, juste au moment où les enfants quittent la cour intérieure après avoir passé derrière une porte dissimulée aux regards.

Gomez : (à ses hommes) Ah ! Regardez là-bas ! Esteban et les autres sont en train de s'enfuir. Rattrapez-les !

Soldats : Ouais !

Gaspard se lance à leur poursuite avec deux soldats.

Gaspard : Rattrapez-les !

Les enfants arrivent derrière le fort de l’Aigle Noir, mais la route menant au Vieux Pic qui en part est déjà bloquée par une patrouille espagnole.

Esteban : Oh ! Oh ! Les soldats espagnols ! Passons par là.

Les enfants partent de l'autre côté : c'est une forte pente en terre.

Tao : Ah, la pente est raide, attention !

Ils arrivent bientôt devant un grand précipice infranchissable.

Esteban : Ah ! On est coincés, on peut pas traverser.

Les enfants regardent vers le haut de la montagne en forme d'aigle à la recherche d'une issue.

Esteban : Et il n'est pas question non plus d'essayer d'escalader cette paroi.

Gaspard et les soldats sortent du fort. Ils aperçoivent la patrouille installée sur la route allant au Vieux Pic.

Gaspard : (réfléchissant un instant) Hein ? Bon, ils n'ont sûrement pas pu passer par là.

Tao : (à son perroquet) Pichu, tu vas aller au Vieux Pic sans nous attendre. Tu as compris ? Allez vas-y vite.

Gaspard voit soudain Pichu s'envoler de derrière les rochers.

Gaspard : (à ses hommes) Oh ! Ils sont par ici !

Tandis que leurs poursuivants s’approchent d'eux, Zia a trouvé quelque chose de très intéressant.

Zia : Regarde, Esteban, une grotte.

Esteban : (à ses amis) Oh, oh, vite ! cachons-nous !

Tao : Oui.

Gaspard est bientôt sur eux.

Gaspard : Attention de ne pas tomber, ça glisse.

Malgré cette sage recommandation, Gaspard glisse quand même et dévale toute la pente. Il manque de peu de tomber dans le précipice en arrêtant sa chute en plantant son épée dans la terre. Il reste suspendu, les jambes au-dessus du vide.

Gaspard : Oh ! Oh là ! Au secours ! (à ses soldats) Hé ! Tirez-moi de là ! Hé mais tirez-moi de là. Mais dépêchez-vous donc, bande d'incapables ! Vous entendez ? Je vous ordonne de me tirer de là !

Les deux soldats ont eux aussi découvert la grotte de Zia.

Soldat : Regardez, Capitaine, on vient de découvrir l'entrée d'un tunnel.

Gaspard : Quoi ? Un tunnel ici, attendez.

Gaspard remonte de sa position précaire de sa propre initative. Devant l'entrée, les soldats regarde à l'intérieur de la grotte. Gaspard vient jeter également un coup d'œil.

Gaspard : (joignant le geste à la parole) Oh ! Poussez-vous ! Hum... Ils se sont peut-être cachés dans cette grotte. Allez, entrez !

Soldat : Bien.

Les deux soldats entrent avec précaution dans la caverne en faisant bien attention de ne pas se blesser avec leurs propres armes.

Gaspard : Allez, à moi maintenant. Hein.

L'entrée étroite pose quelques problèmes au passage de Gaspard.

Gaspard : Hein ! Oh ! Hiii ! C'est un peu étroit. Hiii!

Après quelques efforts, il finit par entrer dans l’étroit conduit souterrain.

Scène 12

À l'intérieur de la grotte, les enfants continuent de marcher à quatre pattes.

Esteban : (terrifié) Oh, c'est très profond.

Tao : Oh !

Zia : (faisant signe à son ami) Esteban, qu'est-ce qu'on voit, là-bas, qui brille ?

Les enfants regardent les parois d’un peu plus près.

Tao : (en examinant l'étrange substance) Oh, c'est drôle, c'est comme une mousse lumineuse.

Zia : Tant mieux pour nous, ça nous donne de la lumière.

Esteban : (réaliste) Malheureusement, si cette lumière nous aide, elle va aussi aider nos poursuivants.

Zia : Oh, tu crois qu'ils suivront ici ?

La voix de Gaspard se fait soudain entendre, effrayant les trois enfants.

Gaspard : Esteban !

Esteban : C'est la voix de Gaspard !

Gaspard : Si tu avances plus loin tu ne pourras plus ressortir.

Tao : Oh Gaspard a raison, si on va plus loin et ben...

Esteban : (têtu) Il n'est pas question de se laisser prendre. Allez, avançons !

Scène 13

Le passage souterrain s'élargit soudain devant les trois enfants.

Esteban : Oh ! la grotte devient plus sombre !

Zia : (avec sagesse) Attendons que nos yeux s'habituent à l'obscurité.

Esteban : Ah, ça a l'air grand !

Tao : (intrigué) Il doit y avoir de l'écho là-dedans.

Tao tente l’expérience en tapant dans ses mains. Des centaines de petits yeux rouges apparaissent bientôt.

Zia : Ah !

Esteban : Qu'est-ce que c'est que ça ?

Zia : (épouvantée) Ah !

Non loin d'eux, le cri d'effroi de Zia parvient aux oreilles des Espagnols.

Gaspard : (inquiet) Oh ! Vous avez entendu ? Qu'est-ce qui se passe ?

Alors que les enfants passent doucement sous les yeux rouges, ils comprennent à qui ils ont affaire mais...

Zia : Ce sont des chauves-souris !

Esteban : Chut !

... Gaspard les appelle encore une fois.

Gaspard : Ohé ! Reviens, Esteban !

Les vampires sont réveillés maintenant et investissent maintenant toute la grotte.

Esteban : Vite, baissons-nous !

Les enfants arrivent à éviter de justesse le nuage de chauves-souris, ce qui n'est pas le cas des Espagnols...

Gaspard : Oh ! Qu'est-ce que c'est que ça ?

... qui n'ont pas le réflexe de se baisser à temps.

Gaspard : (terrifié) Aaah !

Soldat : (essayant de se débarasser d’une chauve-souris qu’il avait sur le visage) Ce sont des vampires !

Scène 14

Après l’épreuve des chauves-souris, les enfants descendent tranquillement des marches taillées dans la pierre et aboutissent devant une petite étendue d'eau claire.

Esteban : (étonné) Oh !

Zia : Oh !

Tao : Oh !

Esteban : Oh, zut, un cul-de-sac.

Zia : (fataliste) On est coincés. On peut plus reculer.

En haut des marches, Gaspard exhorte ses deux soldats à avancer.

Gaspard : Ils doivent être loin. Ces maudites bêtes nous ont fait perdre du temps. Tâchons de les rattraper.

Scène 15

Près de la petite mare d'eau scintillante.

Esteban : Il faut nous dépêcher de prendre une décision. Gaspard et ses hommes seront bientôt là.

Tao : (surpris) Oh !

Tao s’agenouille et examine la surface de l'eau.

Esteban : Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu as vu ?

Tao : (de plus en plus étonné) Mais... On dirait... Il y a du courant !

Esteban : (aussi surpris que son ami) Hein ?

Tao : Oui, regardez !

Avec précaution, Tao saupoudre un peu de terre dans l'eau : celle-ci part en un mince filet.

Zia et Esteban : (stupéfaits) Oh !

Tao : (à ses amis) Oh, vous avez vu ? Cette eau doit forcément s'écouler quelque part.

Esteban : (inquiet) Ah oui, mais où ? Ça débouche peut-être très loin d'ici, on n'en sait rien.

Tao : Oh regarde ! On dirait que c'est plus clair par là-bas.

En effet, de l'autre côté de l'étendue, l'eau semble plus claire.

Esteban : Oh ouais, il y a une lueur.

Tao : Moi, à mon avis, c'est le reflet d'une lumière qui vient de l'extérieur.

Zia : C'est peut-être notre seule chance de sortir d'ici.

Tao : Bon, qu'est-ce qu'on fait ?

Esteban : Hum... Allons-y. De toute façon, au point où on en est, on peut plus reculer.

Tao : Et toi, Zia ?

Zia : Je crois que nous n'avons pas le choix.

Tao : Bon, d'accord, je vais passer le premier.

Tao s'avance le premier dans l'eau.

Scène 16

Les Espagnols continuent leur marchedans la grotte et arrivent bientôt à l'étendue d'eau au moment précis où les trois enfants prennent une profonde inspiration avant de plonger sous la surface.

Gaspard : (surpris) Oh ! Un cul-de-sac ! (déçu) On a dû se tromper de chemin. Les maudits gamins !

Les trois enfants nagent maintenant sous l'eau en suivant le tracé d'un antique passage secret des Incas. Tao est devant tandis que, derrière lui, Esteban et Zia se tiennent par la main.

Gaspard : (pris de colère) Au diable ! Les maudits gosses !

Au bord de la crise de nerf, Gaspard se saisit d'une pierre et la lance de toutes ses forces dans l'eau avant de rebrousser chemin avec ses hommes.

Gaspard : (à ses deux soldats) Sortons de là !

Scène 17

Sous l'eau, Tao fait signe à ses deux amis de remonter, ce qu'ils font sans hésiter. Ils ne sont pas encore complètement sortis de la grotte mais le dernier descendant de l'empire de Mu avait compris où ils se trouvaient.

Tao : Ah, c'est bien ce que je pensais. C'est un passage secret que devaient utiliser les Incas. Ils avaient même prévu un endroit où l'on pouvait respirer à la moitié du passage.

Esteban : (à ses amis) Bon, on va continuer en se tenant par la main. Comme ça on est certain de pas se perdre.

Zia : (confiante) D'accord.

Tao : (imitant Zia) D'accord.

Les enfants repartent en se tenant par la main. Zia est au milieu. Bientôt une lueur apparaît au-dessus d'eux. Ils s'en rapprochent. Mais un bruit sourd se fait entendre et nos trois héros sont soudain aspirés dans un énorme tourbillon qui les fait tournoyer sur eux-mêmes.

Scène 18

Les trois enfants sont évanouis chacun sur une pierre, près d’une rivière. Esteban se réveille le premier puis se relève pour apercevoir au-dessus de sa tête un magnifique arc-en-ciel semblant couronner le ciel.

Esteban : (étonné) Hein ? Oh ! Oh ! Une chute d'eau !

Nos héros sont au pied d'une cascade. Tao et Zia se réveillent à leur tour. Ils sont également émerveillés par ce qu'ils voient.

Tao et Zia : Oh !

Tao : Et si c'était la chute d'eau par laquelle on est passés juste avant d'arriver au Vieux Pic ?

Zia : Oui, c'est bien possible. C'est la lumière du soleil qui nous a guidés. Regardez !

Un grand arc-en-ciel est là pour prouver les dires de Zia.

Esteban : (stupéfait) Sauvés ! Nous sommes sauvés par le soleil !

Tao et Zia : (surpris et émerveillés) Oh !

Ces derniers se mettent également debout et rejoignent Esteban qui contemple et remercie l'impressionnante chute d'eau de leur avoir sauvés leur vie.

Dans le prochain épisode...

Nos héros continuent à marcher sur le plateau andin. Ils ont maintenant en leur possession deux pendentifs pour ouvrir la porte des cités d'or. Mais soudain ils sont attaqués par les Indiens de la tribu des Urubus du lac Titicaca. Une difficulté de plus pour nos amis sur la route des cités d'or. Ne manquez pas le prochain épisode des Merveilleuses Cités d'Or.

Documentaire

Autrefois, les habitants des Andes adoraient la lune, les étoiles, l'eau et la terre comme des dieux. Un jour un oracle du dieu soleil désigna un homme pour propager son culte et cet homme devint l'empereur des Incas.

À Cuzco, au Pérou, ancien territoire inca, la fête du soleil est aujourd'hui encore célébrée le 22 juin de chaque année. Dans cette partie du globe, c'est le jour le plus court de l'année. C'est le solstice d'hiver. Tout le monde prie pour que le soleil ne cesse jamais de briller. Le soleil accorde ses bienfaits à la terre. En effet l'empire des Incas était un grand pays agricole. Le mot "Ande" signifie "terre cultivée", ce qui nous montre bien que la vie des Incas était fondée sur l'agriculture.

L'aliment de base était la pomme de terre, produit originaire des Andes. La pomme de terre séchée, appelée Chuño, est toujours un élément important de la cuisine des Andes. Le maïs est aussi originaire du nouveau continent. Il en existe plusieurs espèces de couleurs différentes. Le maïs violet était l'élément de base de la chicha, boisson que l'on donnait en offrande au soleil. À cette époque, en Europe, on ne connaissait ni le piment, ni la tomate ni encore moins la cacahuète. Jadis le vieux continent ne connaissait ni la coca, qui sert de base à la cocaïne, utilisée en médecine pour l'anesthésie, ni les substances médicamenteuses telle que la quinine, remède spécifique de la malaria et du paludisme. Pour les Européens, la pomme de terre, comme toutes les plantes qui poussaient dans ce pays, avait un goût répugnant et ils refusaient d'en manger. Ils pensaient que l'ananas était une gigantesque pomme de pin.

Il est intéressant de constater que ces plantes, jadis dédaignées par nos ancêtres, sont aujourd'hui couramment utilisées. Environ quarante produits agricoles découverts sur le sol du nouveau continent se sont ensuite répandus dans le monde entier. Sans les aliments ordinaires des Andes, notre table perdrait beaucoup de sa saveur.

Au revoir, à bientôt.