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Transcription de la version française de l'épisode 1x13 - Le mystère des parents d'Esteban

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

L'armée espagnole a suivi Esteban et ses amis jusqu'au fort de l'Aigle Noir. Profitant de l'obscurité, les Espagnols attaquent le fort. Mais Tao invente une fusée éclairante qui repousse les attaquants et sauve ainsi nos héros. Esteban, Tao et Zia réussissent à s'enfuir. Ils atteignent enfin la ville du Vieux Pic dont le chef, Kraka, leur révèle que les pendentifs qu'ils portent servent à ouvrir les portes de Tseila, l'une des cités d'or.

Scène 1

De nombreux habitants du Vieux Pic sont rassemblés autour de Kraka et des enfants.

Kraka : Peuple du Vieux Pic, écoutez-moi ! Écoutez Kraka, votre chef. J'ai une grande nouvelle. Je vous présente Esteban, Zia et Tao qui sont à côté de moi. C'est notre protecteur au-delà des mers de l'ouest qui nous a envoyé ces trois enfants.

Cris de hourras dans la foule.

Esteban : Non, Kraka, ce n'est pas exact.

Kraka : Il ne peut en être autrement, Esteban. Quels enfants pourraient faire couler un bateau aussi grand que celui qui crachait la foudre et aussi vaincre par deux fois l'armée du gouverneur ?

Esteban : Et pourtant euh...

Kraka : Des enfants ordinaires n'auraient rien pu faire en pareil cas.

Villageois : Oui, ce sont bien les messagers du protecteur.

Villageois : Les messagers de Piacocha.

Murmures dans la foule.

Esteban : Mais vous vous trompez.

Kraka : Esteban, regarde les enfants qui sont juste devant nous, là.

Esteban : Oh...

Kraka : Jusqu'à ton arrivée, nous étions tous morts d'inquiétude à l'idée que la grande armée du gouverneur allait attaquer notre ville. Mais tu vois bien que votre seule présence a suffit à les rassurer. Ils n'ont plus peur.

Effectivement, les jeunes enfants du Vieux Pic regardent, confiants, nos trois héros.

Scène 2

Kraka et les enfants pénétrent dans une grande pièce du palais du chef du Vieux Pic.

Esteban : Kraka, la cité d'or que vos ancêtres avaient construite, où se trouve-t-elle ?

Kraka : Hélas, ce secret a été perdu. Personne aujourd'hui ne sais plus où se trouvent les cités d'or.

Tao : (abattu) Oh, c'est vraiment dommage. Je suis sûr que le pendentif du soleil aurait pu nous ouvrir les portes des cités d'or.

Zia : Ne t'inquiète pas Tao. Je suis sûre que nous trouverons d'autres indices. Rappelle-toi : le quipu disait qu'il fallait d'abord venir jusqu'au Vieux Pic.

Pichu émet soudain de drôles de gloussements et vole vers une porte donnant sur la terrasse du palais.

Tao : (étonné par l'étrange comportement de son perroquet) Qu'as-tu Pichu ? Pichu !

Scène 3

Les enfants sortent et arrivent sur une grande terrasse où se trouve plusieurs constructions mystérieuses. Pichu est posé en haut d'une grande colonne de pierre.

Tao : (enthousiaste) Oh ! Mais c'est un cadran solaire.

Kraka : Oui, c'est bien cela, Tao. Grâce à l'ombre projetée par cette colonne, nous pouvons savoir quelle est l'heure de la journée.

Esteban : Et ça, là-bas, qu'est-ce que c'est ?

Kraka : Ça, c'est un globe céleste. Grâce à lui, nous pouvons calculer la position de chaque étoile dans le ciel.

Tao : Ah génial !

Les enfants vont voir de plus près les différents instruments astronomiques présents sur la terrasse du palais de Kraka.

Esteban : (en apercevant un étrange cadran sculpté) Tiens ! Qu'est-ce qu'ils représentent les dessins en bas ?

Kraka : C'est un tableau des constellations. Il indique la position des planètes principales des douze maisons.

Tao : Fantastique !

Zia se dirige bientôt vers un puits mystérieux.

Zia : Oh ! Esteban, viens voir ! Dans ce puits, il y a un blason représentant le soleil.

À l'annonce de cette nouvelle, Esteban et Tao en sont émerveillés.

Esteban : Kraka, que signifie ce blason du soleil dans ce puits ?

Kraka : Malheureusement, je ne sais pas ce que signifient toutes ces gravures dans la pierre, Esteban. Personne ici ne le sait. La seule personne qui serait capable de te répondre, je crois que c'est Mayucca.

Esteban : Mais qui c'est Mayucca ?

Kraka : C'est un vieil homme qui connaît beaucoup de légendes.

Esteban : (intrigué) Des légendes ? Quel genre de légendes ?

Kraka : Les légendes incas de notre vieux monde. Et justement on m'a reparlé de lui récemment. On m'a dit que Mayucca était passé par la vieille ville il n'y a pas très longtemps.

Zia : Peut-être que ce vieil homme aurait des renseignements à te donner sur ton père, Esteban, s'il connaît les légendes.

Esteban : Hein ?

Tao : Mais oui, bien sûr. Un homme qui il y a dix ans qui a essayé de trouver la mer de l'ouest avec un bébé, il ne doit pas y en avoir beaucoup.

Une jeune femme inca fait soudain son apparition.

Yakuma : Excusez-moi de vous interrompre, Kraka, mais tout est prêt pour nos invités.

Kraka : (à Yakuma) Merci. (aux enfants) Yakuma va s'occuper de vous. Suivez-la et surtout ne vous gênez pas avec elle. (Yakuma approuve d'un hochement de tête) Vous pouvez lui demander tout ce que vous voudrez, elle s'occupera de vous comme une mère. Ah ah ah !

Esteban : (les yeux brillants de bonheur) Comme une mère...

Scène 4

Yakuma emmène les enfants dans une grande pièce du palais.

Yakuma : Voici votre chambre.

Les trois enfants sont ravis.

Zia : Une vraie chambre rien que pour nous.

Esteban : Quelle est belle !

Tao : Enfin je vais pouvoir me reposer un peu après toutes ces aventures.

Yakuma : Kraka veut que vous vous sentiez ici comme chez vous. Je ferai tout ce que vous me demanderez.

Tao : Ah vraiment ? Alors on peut aussi visiter les autres pièces de la maison ?

Yakuma : Oui, bien sûr. Si vous voulez.

Tao : Ah parfait. On va bien s'amuser. On va visiter ?

Esteban : Pas tout de suite. On ferait mieux de prendre un bain d'abord.

Tao : (étonné) Un bain ?

Esteban : Bien sûr, un bon bain. Ce serait pas très poli de visiter la maison de quelqu'un, sales comme on est.

Tao : Prendre un bain ? Oh quel drôle d'habitude ! Oh, je ne comprends vraiment pas, moi je déteste me laver.

Esteban entraîne Tao hors du palais.

Esteban : Et ben viens quand même te laver. Il va falloir que tu comprennes qu'on est pas dans ton île, ici !

Tao : (essayant de se débattre) Oh non, mais lâche-moi ! On n'est pas dans ton pays non plus !

Zia et Yakuma rient de bon cœur en les voyant s'en aller ainsi.

Scène 5

Les deux garçons arrivent près d'une cascade située non loin du Vieux Pic.

Tao : Oh !

Esteban : Tu vois ce bassin, en bas ? On va pouvoir nager dedans, on va bien s'amuser.

Tao : Oh, d'accord mais alors on fait la course et c'est moi qui vais gagner.

Esteban : On verra. Allez viens !

Les enfants descendent près de la rivière.

Esteban : Oh ici, c'est très bien.

Ne gardant que son médaillon, Esteban retire ses vêtements sous les yeux de Tao qui commence à retirer sa tunique.

Esteban : (en plongeant dans l'eau) Dépêche-toi. (après être réapparu à la surface) Alors tu viens ?

Tao : Oui. Attends une seconde !

Tao a du mal à enlever sa tunique. Dans son empressement, il tombe à l'eau. Esteban se moque de lui. Puis, à l'aise, les deux enfants commencent à nager.

Esteban : Regarde ! Un poisson !

Tao : Eh ! Je te parie que t'es même pas capable de t'attraper

Esteban relève le défi.

Tao : Alors, tu l'as ?

Après une courte poursuite avec le poisson, Esteban arrive à s'en saisir.

Esteban : Je l'ai attrapé, Tao.

Le poisson, en crachant de l'eau sur Esteban, s'échappe aussitôt après. Cela amuse beaucoup Tao. Des rires se font bientôt entendre tout près d'eux.

Esteban : Mais ? Euh !

Des enfants du Vieux Pic observent les deux jeunes garçons en train de se baigner, mais s'enfuient dès qu'ils furent repérés.

Esteban : Hé vous, attendez !

Esteban renonce à les poursuivre, en s'apercevant, gêné, qu'il était tout nu.

Scène 6

Alertée par son cri, Yakuma arrive avec des serviettes.

Yakuma : Pourquoi as-tu appelé ? Que se passe-t-il, Esteban ?

Esteban : Non, ce n'est pas toi que j'appelais. Y'avait des enfants là-haut qui nous regardaient.

Yakuma : Ah ah ah ! Il faut leur pardonner. Mais comme ils ont appris que vous étiez les messagers d'un dieu, ils ont voulu vous voir, ils n'ont pas pu s'en empêcher.

Esteban se rapproche de la rive.

Esteban : Mais Yakuma, nous ne sommes pas les messagers d'un dieu.

Yakuma : Si ! Même si vous n'en savez rien, c'est sans doute le dieu qui vous a choisis. Mais tiens, prend cette serviette et essuie-toi.

Esteban sort de l'eau et prend la serviette que lui remet Yakuma pour la ceindre autour de ses reins.

Esteban : Sans qu'on le sache, alors ?

Yakuma : Oui, c'est très possible. Allez, viens-là que je t'essuie.

Esteban : Non, non, ce n'est pas la peine.

Yakuma : Tu ne dois pas te sentir gêné. Rappelle-toi ce que Kraka a dit, je suis ici comme ta mère.

Elle commence à essuyer vigoureusement Esteban, lui provoquant des rires irrépressibles.

Esteban : Ah ah ah ah ! Je suis chatouilleux.

Esteban consent à se laisser faire pendant que Tao s'occupe à attraper des poissons dans l'eau.

Yakuma : Et ta vraie mère, Esteban, elle est restée dans ton pays ?

Esteban : Euh, non, je ne sais pas où elle est. Je ne l'ai jamais connue.

Yakuma : (étonnée) Comment ?

Esteban : Je crois que je suis le seul rescapé d'un naufrage. C'est mon père qui m'a sauvé en me tenant hors de l'eau. (Esteban montre son médaillon) Il m'a passé ceci autour du cou et il a disparu. Il m'a tenu jusqu'à la limite de ses forces.

Yakuma : (confuse) Pardonne-moi. Je suis désolée de te rappeler ces tristes souvenirs.

Esteban : Oh c'est pas grave. D'ailleurs il est possible que ma mère soit vivante quelque part dans ce pays et que j'arrive à la retrouver.

Yakuma : Hein ?

Esteban : Oui, il y a un vieil homme qui connaît des tas de légendes. Il s'appelle Mayucca. Il est possible qu'il sache quelque chose sur mes parents.

Yakuma : Sûrement. Je te le souhaite de tout mon cœur, Esteban.

Scène 7

Sur la terrasse du palais de Kraka, Tao tourne autour du blason du soleil, son encyclopédie à la main, sous les yeux de Pichu pour essayer de percer le mystère de cette étrange représentation de l'astre solaire.

Tao : Ça je suis sûr que ça a une signification particulière. Voyons, voyons... Hun, hun... Euh là...

Esteban et Zia arrivent à cet instant sur la terrasse.

Esteban : Ah ! Tu es là, Tao. Écoute, je vais descendre en ville.

Tao : (étonné) En ville ?

Esteban : Oui, je veux trouver ce vieillard, là, tu sais, Mayucca. J'ai tellement envie de savoir.

Tao : Ah, je te comprends. Vas-y. Moi, il faut que j'étudie ça sérieusement. Je reste ici.

Esteban : (à ses amis) À tout à l'heure.

Esteban s'en va dans la ville basse à la recherche de Mayucca.

Zia : Esteban, attends ! Tao !

Tao : Il faut résoudre cette énigme...

Zia : Viens d'abord il faut trouver Mayucca, c'est important pour Esteban. Tao !

Zia tire violemment Tao par le bras.

Tao : Oh non ! Mais lâche-moi, Zia ! Ah !

Zia : Allez, viens !

Pichu : Attends-moi ! Attends-moi ! Ah, attends-moi !

Scène 8

Esteban marche dans la ville basse. Ses deux amis ont réussi à le rattraper.

Tao et Zia : (ensemble) Esteban, attends-nous !

Esteban s'arrête pour que Zia et Tao puissent le rejoindre.

Zia : Tao a décidé de venir t'aider lui aussi.

Esteban : (reconnaissant) Oh merci, Tao !

Scène 9

Les trois enfants marchent dans la rue, mais les habitants les fuient dès qu'ils les voient.

Esteban : Dites... S'il vous plaît...

Les rues du Vieux Pic sont maintenant désertes.

Esteban : Mais qu'est-ce qu'ils ont ? Ils sont tous rentrés chez eux.

Zia : Oh ça alors ! Qu'est-ce qu'on va faire.

Tao : Ah là-bas, il y a des enfants, on va leur demander à eux.

Pas très loin d'eux, un groupe d'enfants sont en train de jouer.

Zia : Il a raison, allons les voir.

Esteban, Tao et Zia se rapprochent des enfants qui s'amusent.

Esteban : Écoutez...

Enfant : (effrayé) C'est Viracocha ! C'est Viracocha !

Pris de peur, les enfants s'enfuient en rentrant chacun dans leur maison.

Esteban : Attendez !

Zia : Attendez !

Scène 10

À présent, la rue est totalement déserte.

Esteban : Qu'est-ce qu'ils ont tous ?

Zia : Tant qu'ils croiront que nous sommes les messagers de leur dieu, ils ne nous laisseront pas nous approcher.

Esteban : D'accord ! Je vais leur montrer que nous ne sommes pas les messagers du dieu.

Zia : Hein ? Mais comment tu vas faire ?

Esteban : Vous allez voir...

Pour prouver aux enfants du Vieux Pic qu'il n'est pas un dieu, Esteban se met à marcher sur les mains.

Esteban : Voilà ! Tada, tada ! Je suis le fou favori du roi. Je marche sur les mains. Tada, Tada !

Les enfants de la cité inca commencent à sortir leur tête de leur maison et à observer ce curieux spectacle.

Tao : (amusé) C'est bien, Pichu ! Aide-le !

Pichu va se poser sur la cheville d'Esteban, puis monte sur son pied.

Esteban : Tada, tada !

Pichu : Tada, tada !

Esteban ne peut s'empêcher de rire tandis que Pichu agite ses ailes.

Pichu : Allez ! Allez ! Allez, approchez tous ! Allez ! Allez ! Allez !

Intimidés, les enfants commencent à se rapprocher.

Pichu : (tout en battant des ailes) Venez voir ! Allez ! Venez tous ! Allez ! Venez ! Plus près ! Plus près !

Esteban tombe lourdement sur le sol dallé en poussant un grand "Ah ! ".

Esteban : Aïe !

Pichu : (imitant Esteban) Aïe ! Aïe !

Cette chute inattendue provoque le fou rire parmi leurs jeunes spectateurs.

Scène 11

Esteban se relève en ayant un peu mal aux reins et se rapproche des enfants qui rient de bon cœur.

Esteban : Je crois que c'est raté. N'ayez pas peur de moi, mes amis. Vous voulez bien qu'on joue ensemble ? N'ayez pas peur. Venez.

Esteban s'arrête devant une petite fille.

Shikomi : Est-ce que je peux te toucher ?

Esteban : Bien sûr !

Shikomi : Oh... Oh...

Esteban : Voilà.

Shikomi : Oh... Oh ! Mais il est comme nous.

Esteban : Et tu vois bien que nous sommes pareils, toi et moi.

Tao : Ah ah ah !

Pichu : Hé hé hé.

Un petit garçon se rapproche d'Esteban pour le toucher.

Loka : Ah, oui, c'est vrai !

Esteban : Tu peux serrer plus fort si tu veux.

Loka : (serrant de toutes ses forces) Ah... Ah... Ah...

Esteban : Je suis exactement comme toi.

Loka : Mais alors, est-ce que nous aussi on pourrait être les messagers d'un dieu ?

Esteban : Bien sûr, si moi je peux être le messager des dieux, il n'y a aucune raison pour que vous ne puissiez pas l'être aussi, puisque nous sommes pareils.

Loka : Je m'appelle Loka.

Shikomi : Et moi, je m'appelle Shikomi.

Esteban : Moi, c'est Esteban. Bonjour.

Tous les enfants du Vieux Pic se précipitent sur nos trois héros pour les toucher.

Tao : Je suis chatouilleux !

Rire général.

Esteban : Écoutez mes amis. Vous pourriez me rendre un service. Je cherche un vieillard qui s'appelle Mayucca.

Shikomi : Mayucca ?

Esteban : Est-ce que vous le connaissez ?

Loka : Bien sûr qu'on le connaît mais on sait pas où il est. Avant il était chez Talapa. C'est tout ce que je sais.

Esteban : Alors allons le voir.

Nos héros, accompagnés des enfants de la cité inca, se mettent en route vers la demeure de Talapa.

Scène 12

Devant la maison de Talapa.

Talapa : Oui, c'est vrai. Il est passé ici mais il est reparti.

Esteban : (déçu) Oh !

Talapa : (navré) Il est peut-être allé dans une autre ville. Je n'en sais vraiment rien. Moi, il ne m'a rien dit.

Scène 13

Esteban, Tao et Zia sont près d’un champ où paissent des lamas.

Zia : Tu crois que Mayucca est vraiment parti dans une autre ville, Esteban ?

Esteban : Peut-être.

Tao : Hum... C'est bien dommage qu'il n'ait pas dit où il allait. Nous ne sommes pas très avancés et je ne vois pas très bien ce qu'on pourrait faire.

Zia : Oh, c'est vraiment bête...

Loka, Shikomi et un autre enfant du Vieux Pic accourent vers Esteban, Tao et Zia.

Loka : Esteban ! Esteban ! Esteban !

Tao : (en voyant les enfants) Mais qu'est-ce qui leur pend ?

Loka : Esteban, notre ami Illama dit qu'il a vu le vieux Mayucca il n'y a pas très longtemps.

Esteban : Hein ? C'est vrai, Illama ? Tu sais où il est allé ?

Illama : Hum, hum. Je l'ai vu l'autre jour, il allait à Machu Picchu.

Esteban : (étonné) Machu Picchu ?

Loka : (en montrant à nos héros l'endroit en question) C'est le nom de cette montagne, là-bas.

Esteban : (surpris) Il est allé vers cette montagne ?

Tao : Oh ! Quel drôle d'idée d'aller se balader dans la montagne !

Esteban : Oh, peu importe, il faut que j'y aille aussi.

Tao : Monter là-haut ? Mais il n'y est peut-être plus.

Esteban : Ça ne fait rien. Il faut quand même aller voir.

Zia : J'y vais, moi aussi.

Loka retient Esteban par le bras.

Loka : Attends ! Attends ! Nous allons vous y conduire.

Esteban : (reconnaissant) Oh, merci.

Scène 14

Les six enfants gravissent les pentes de la montagne de Machu Picchu. Esteban regarde d'en haut le Vieux Pic. Pris de vertige, il a un violent haut-le-cœur.

Esteban : Hé ho ! Après tout, c'est peut-être pas la peine d'y aller. Il n'est sûrement pas là-haut. Il vaut mieux renoncer.

Tao : Tiens, tiens, c'est bizarre que t'aies envie de renoncer, maintenant. Tu n'aurais pas un peu le vertige, par hasard ?

Esteban : Bien sûr que non, j'ai pas le vertige. Quand on a le vertige, il vaut mieux ne pas voyager et rester chez soi.

Tao : Ah bon... (il crie dans l'oreille d'Esteban) Ouah !

Le mouvement de sursaut d'Esteban le fait dégringoler de quelques mètres plus bas.

Esteban : Ah !

Zia : Ça va, Esteban ?

Esteban : (sur le ton de la colère) Oh Tao !

Tao savoure sa plaisanterie faite à son ami. Les trois enfants du Vieux Pic, qui ont pris de l'avance, crient au loin.

Loka : Hey ho !

Esteban : Ils nous appellent. Ils l'ont trouvé.

Loka : Alors, vous venez ?

Zia : Ils l'ont trouvé.

Esteban : Allons-y !

Scène 15

Dans une grotte ouverte sur la montagne, un vieillard est en train de sculpter la statue d'une divinité des Andes. Esteban s'approche doucement de lui.

Esteban : Bonjour, c'est vous Mayucca ?

Mayucca : (interrompont son travail) Que me voulez-vous ?

Esteban : Euh, je m'appelle Esteban.

Mayucca : Et vous autres, que voulez-vous ?

Shikomi : Nous avons besoin de vous, Mayucca.

Loka : Notre ami Esteban a une question importante à vous poser.

Mayucca : Tu t'appelles Esteban ? Ne serais-tu pas cet enfant mystérieux envoyé par les dieux comme messager. Tu es celui dont toute la ville parle.

Shikomi : Oui, c'est lui, Mayucca. Il nous a demandé de le conduire à vous.

Mayucca : (étonné) Oh !

Posant son marteau et son burin à terre, Mayucca s'agenouille respectueusement devant Esteban.

Esteban : Pourquoi vous agenouiller ? Non, je vous en prie. Relevez-vous, Mayucca ! Je voudrais juste vous poser une question.

Mayucca : (s'asseyant sur un rocher) Alors tu veux me poser une question ? Hé ben vas-y, je t'écoute.

Esteban : Nous avons vu chez Kraka une dalle de pierre sur laquelle est sculpté un emblème représentant le soleil.

Zia rejoint Esteban pour montrer son médaillon à Mayucca.

Zia : Exactement comme ça !

Mayucca : (surpris) Ah ? Ah... Cet emblème ressemble à s'y méprendre à celui dont parlait cet homme, cet étranger.

Esteban : Comment ? Vous avez dit un étranger ?

Mayucca : Cet homme avait traversé sur un navire le grand océan de l'ouest.

Esteban : Oh ! Oh je vous en prie Mayucca, parlez-moi de lui. Dites moi ce que vous savez. J'en suis pas certain, bien sûr, mais cet homme était peut-être mon père.

Mayucca : (interloqué) Comment ? Qu'est-ce que tu dis ? De quoi parles-tu ?

Esteban : (implorant de toutes ses forces) Si vous le connaissez, parlez-moi de lui.

Mayucca : (hésitant) Hum...

Zia : (l'implorant à son tour) Je vous en prie, Mayucca, parlez-lui de son père. Nous sommes arrivés ici nous aussi venant d'un pays lointain après un si long voyage.

Mayucca : (hésitant encore) Je vais vous raconter ce que je sais. À vrai dire, je n'ai jamais vu cet homme. J'ai simplement entendu parler de lui. Je ne sais vraiment pas si je peux.

Esteban : (au bord des larmes) Mais même si vous ne l'avez pas connu, parlez-moi de lui.

Mayucca : Hé bien soit, mon enfant ! Je vais te dire ce que je sais. Cette histoire s'est passée il y a douze ou treize ans...

Scène 16

Mayucca raconte.

"Un homme, venu en bateau sur le grand océan de l'ouest, serait tombé amoureux d'une jeune fille inca et ils auraient eu un enfant. On dit que la jeune fille était une vestale qui servait le dieu soleil. Mais le soleil pour montrer sa colère se serait caché, menaçant de plonger notre pays dans la nuit, à tout jamais. Terrifié par la colère du dieu, les hommes s'emparèrent de la jeune fille et l'offrirent en sacrifice au soleil. Puis ils construisirent un navire, semblable à celui sur lequel l'étranger était venu, et ils renvoyèrent l'homme et l'enfant sur le grand océan de l'ouest. Avant de partir, l'homme aurait dit ceci : "À l'endroit où se croisent Inti, dieu du soleil, et Koyolite, étoile brillante, renaîtra le blason sacré du soleil." C'est ce lieu que représente ces sculptures."

Scène 17

Les enfants sont stupéfaits par cet étrange récit.

Esteban : Où vivait-il ? Dans quel pays ? Je veux savoir tout ce qu'il est possible de savoir sur lui.

Mayucca : Non, je ne sais rien d'autre. D'ailleurs, vois-tu, Esteban, je ne suis même pas sûr que cette histoire soit vraie. Ça n'est peut-être qu'une légende.

Esteban : Oh mais je...

Mayucca : Oh il est inutile d'insister, mon garçon. Je t'ai vraiment dit tout ce que je savais. Excuse-moi.

Mayucca retourne à sa sculpture après avoir repris ses outils.

Scène 18

Le soir, Esteban et Zia sont revenus sur la terrasse du palais de Kraka.

Zia : Je t'en prie, Esteban. Je ne veux pas que tu sois triste.

Esteban soupire douloureusement.

Zia : (tentant de le consoler) Mayucca a raison. Ça n'est peut-être qu'une légende fabriquée de toutes pièces. Tes parents sont certainement encore en vie quelque part.

Esteban : Oui...

Tao, joyeux, arrive en courant, son encyclopédie à la main.

Tao : Esteban ! J'ai trouvé !

Esteban : Qu'est-ce qu'il y a ?

Tao : Oh, viens voir !

Tao entraîne Esteban jusqu'au globe céleste où s'est posé tranquillement Pichu. Zia les suit par curiosité.

Tao : J'ai longtemps cherché dans le livre d'astronomie du peuple de Mu et... d'après le calcul que j'ai fait à partir de cette carte du ciel, j'ai conclu que le soleil et l'étoile brillante se croisent une fois par an. Ah, viens par ici !

Tao va ensuite vers le puits où se trouve le blason du soleil.

Tao : Ce dessin que nous avons remarqué, hier, dans le puits doit être une sorte de repère. Et le lieu d'où on peut observer le passage des deux astres doit être au sud de là où nous nous trouvons.

Esteban : Et la cité d'or est là, à ton avis ?

Tao : Ah ben ! C'est possible.

Esteban regarde le dessin attentivement.

Esteban : Tu as raison. J'en suis sûr, Tao ! Je le sens ! C'est là que se trouve la première cité d'or.

Esteban observe soudain une étoile particulièrement brillante dans le ciel du soir.

Esteban : (dans sa tête) Si c'est vrai, cela veut dire que mon père avait découvert les cités d'or.

Esteban et ses amis admirent la majesté des sommets andins et essayent d'imaginer l'emplacement exact où se trouveraient les cités d'or.

Dans le prochain épisode...

Esteban et ses amis, qui ont enfin trouvé le chemin des cités d'or, retournent au fort de l'Aigle Noir pour y reprendre le pendentif que détient Mendoza et qui leur permettra d'ouvrir les portes des cités d'or. Lorsqu'ils arrivent, l'armée espagnole est en train d'attaquer le fort au canon. Ne manquez pas le prochain épisode des Mystérieuses Cités d'Or.

Documentaire

Dans toute l'histoire des Andes se mêlent traditions et légendes transmises oralement depuis fort longtemps. Le folklore fait donc partie intégrante de l'histoire de chaque région. Mais en français "folklore" signifie aussi pour beaucoup "musique" et "instruments traditionnels des Andes".

La quena est une sorte de flûte taillée dans un roseau. Les Andins l'appellent "instrument du vent". En effet le son de l'instrument rappelle celui du vent qui souffle dans les montagnes des Andes. Le charango ressemble à une mandoline. Fait d'une carapace de hérisson appelé kerinchu. La quena et le charango sont les deux instruments essentiels de la musique des Andes. Les Incas étaient également de braves guerriers. Cependant leur civilisation, aussi avancée fut-elle, ne connaissait que des armes primitives. Et c'est pourquoi les Espagnols, peu nombreux, n'eurent que peu de peine à les vaincre, équipés comme ils l'étaient d'armes à feu.

Le peuple des Incas est seul, sans lumière, l'empereur inca est parti vers le soleil pour le voyage de la mort. Le condor vole, déplorant sa mort. Envole-toi condor, symbole des Andes, sang des Incas. Les Incas ont été trahis et la quena pleure. Dieu nous a appris à nous nourrir de liberté. Tel est le thème de la chanson, aujourd'hui très connue, "El condor".

De nos jours, on compte encore 15 millions d'Indiens de race pure sur le nouveau continent. Pendant longtemps ils ont été tyrannisés par les blancs. Ils en avaient même fini par oublier comment exprimer leurs sentiments. La musique fut pour eux une façon de retrouver la liberté et la joie.

Au revoir, à bientôt.