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Transcription de la version française de l'épisode 1x12 - Le secret des pendentifs

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

Menacés par Gomez, Esteban et ses amis sont obligés de lui révéler le secret du quipu qui indique que le chemin des cités d'or passe par le Vieux Pic. Mais pendant la nuit, ils parviennent à s'échapper grâce à deux guerriers incas. Ils empruntent un souterrain secret situé sous le temple et prennent la route du Vieux Pic.

Scène 1

Le soleil se lève derrière une montagne. Près du temple en ruines, les soldats s'apprêtent à lever le camp.

Gomez : Il faut rattraper les gamins avant qu'ils n'atteignent le Vieux Pic. Préparez vous à lever le camp.

Gaspard : (aux soldats) Allons, vous autres ! Vous avez entendu ? Dépêchez-vous ! Il n'y a pas une minute à perdre !

Soldat : Dire qu'on est obligé de s'aventurer dans un endroit où personne ne veut aller.

Soldat : Il paraît que le Vieux Pic est plein de fantômes.

Scène 2

À l'abri des regards des soldats qui s'affairaient pour le départ, Gaspard s’entretient avec Gomez en particulier.

Gaspard : Commandant Gomez.

Gomez : Eh bien, vos hommes sont-ils prêts, Gaspard ?

Gaspard : J'ai quelque chose à vous dire...

Gomez : (surpris par la demande de Gaspard) Hum ?

Gaspard : Les Incas eux même ne mettent jamais les pieds dans ces montagnes où nous voulons aller. Ce que je veux dire, c'est qu'il nous faudrait un guide.

Gomez : Mais que me chantez-vous là ?

Gaspard : (en jetant un regard sur les soldats) Chut.... Attention les hommes nous écoutent.

Les deux officiers espagnols remarquent soudain que leurs soldats s'étaient tous rassemblés comme si ils voulaient tenir une réunion.

Gaspard : Hé bien vous autres, qu'est-ce qui vous prend ?

Scène 3

Les soldats s'écartent pour laisser passer Mendoza, Sancho et Pedro qui se trouvaient devant eux.

Mendoza : (sur un ton moqueur) Ah, du calme ! Ne nous bousculez pas ! Après tout, nous sommes juste venus pour essayer de vous aider.

Gaspard : (surpris) Oh !

Gaspard s'approche de Mendoza, l'épée à la main, prêt à la dégainer pour se battre.

Gaspard : Que vient tu faire à rôder par ici, toi ? Réponds avant que je ne t'embroche.

Gomez : (sur un ton menaçant) Ne venez pas nous narguer, Mendoza, ou il vous en cuira.

Mendoza : Je vous l'ai dit, je suis venu pour vous aider. Mais où sont donc Esteban et les enfants ? Je ne les vois pas.

Gaspard s'énerve et sort son épée de son fourreau.

Gaspard : Décidément, tu ne manques pas de toupet.

Mendoza : Je comprends, tu as dû encore les laisser s'échapper.

Gaspard : C'en est trop !

Mendoza : Et tu ne sais même pas où ils sont allés.

Gomez : Ils sont se enfuis dans la zone interdite, où personne ne veut jamais aller, dans la montagne, là-haut.

Pedro et Sancho regardent la montagne, l'air pas très rassuré.

Pedro : Oh ! Personne ne pourra les rejoindre là-bas.

Mendoza : (se moquant de la couardise de ses acolytes) Ah ah ah ah ah !

Gaspard : Ho assez ! Dis-moi pourquoi ça te fait rire.

Mendoza : (en pointant son doigt contre sa poitrine) Je suis un pilote, un navigateur. Et mon métier est justement de conduire un bateau à bon port, sans points de repère. Tu saisis ce que je veux dire, Gaspard ?

Gomez : Ah... Autrement dit, tu prétends en quelques sorte être capable de nous guider dans la zone interdite, c'est bien ça ?

Mendoza : Hum, hum.

Gaspard : Commandant Gomez, vous n'allez pas faire confiance à Mendoza ?

Gomez : Si ! Il nous est utile.

Mendoza : Je vois, Commandant, que nous pouvons toujours nous comprendre. Nous sommes intelligents, ce qui n'est pas le cas de ce pauvre Gaspard.

Gaspard : (se retenant de couper Mendoza en deux avec son épée) Ouh toi !

Gomez : Cessez messieurs ! Je vous propose de collaborer plutôt que de nous faire la guerre. Nous avons le même but : l'or.

Mendoza et Gomez se serrent la main au grand dam de Gaspard qui rumine de rage.

Pedro : Et si pour fêter cette nouvelle collaboration, on mangeait un petit quelque chose, j'ai tellement faim, moi !

Sancho : Oh ! Quelle b-b-b-bonne idée.

Mendoza : Mes compagnons apprécieraient votre hospitalité en gage de vos bonnes intentions.

Gomez : Quoi ? Allez Gaspard, qu'on leur donne à manger à leur convenance ! Et faites vite.

Gaspard : Hein ?

Pedro et Sancho sont fous de joie.

Pedro : Youpi !

Sancho : You-youpi ! Je te suivrai partout Mendo-do...

Pedro : Moi aussi, on a confiance en toi.

Sancho : ... za.

Gaspard retient désespérément sa colère.

Scène 4

Les enfants, Waïna et Ketcha marchent dans la forêt. La traversée est très pénible et Pichu se coince dans des lianes.

Pichu : Au secours ! À moi ! À moi !

Ketcha : Ne criez pas, ou les soldats vont nous repérer !

Tao : Tu as entendu ce qu'il a dit, Pichu ?

Tao attrape violemment Pichu par la crête.

Pichu : Aïe.

Scène 5

L'orée du bois se rapproche bientôt pour nos héros.

Esteban : Oh, regardez cette lumière. On dirait la fin de la forêt.

Esteban part en courant devant le groupe.

Zia : Doucement ! Ne cours pas, Esteban !

Tao et Zia se pressent de faire comme lui.

Waïna : Attention où vous marchez.

Esteban : Ne vous inquiétez pas pour moi.

Esteban trébuche et tombe dans une grande prairie de hautes herbes.

Scène 6

La discrétion de l'arrivée d'Esteban fait s'envoler des milliers de papillons.

Esteban : (émerveillé par les papillons) Oh ! Comme ils sont beaux !

Oubliant le danger que faisait planer l'armée espagnole à leur trousse, Esteban se lève et s'avance dans la prairie.

Zia : Reste avec nous, Esteban. Où vas-tu ?

Esteban : Je reviens. Oh ! Ils sont magnifiques !

Zia : Mais qu'est-ce qu'il a, Tao ?

Tao : J'en sais rien. Peut-être qu'il n'a jamais vu de papillons. Y'en a peut-être pas sur son continent.

Scène 7

De loin, le nuage de papillons est très visible. Esteban cherche toujours à en attraper un.

Esteban : Oh, cette fois ci !

Esteban aperçoit un papillon, encore posé sur une grande herbe. Il s'approche doucement et au moment de le saisir un coup de feu retentit et déchiquette le papillon sous les yeux d'Esteban. Le jeune garçon se retourne et voit non loin de là les Espagnols prêts à s'emparer de lui.

Gomez : Pas un geste, Esteban ! Reste où tu es ou nous tirons.

Esteban : Oh là là !

Esteban s'abaisse dans les hautes herbes et s'enfuit à toutes jambes.

Gaspard : Ah le satané gamin ! Esteban, arrête-toi ! Allons le chercher... Par ici... Esteban ! Ah le sale gosse !

Scène 8

Esteban est retourné auprès de ses amis pour les prévenir du danger qu'ils encourent.

Esteban : Alerte ! Gomez et Gaspard sont là avec des soldats.

Pichu : (en battant violemment des ailes) Sauve qui peut ! Alerte !

Waïna : Par ici !

Les enfants et les deux guerriers incas s'enfuient. Les Espagnols arrivent en courant pour les rattraper.

Gomez : (en voyant les fuyards prendre de l'avance) Les voilà ! Surtout ne laissez pas les enfants s'échapper !

Gaspard : Du nerf, tas de faignants ! Courez plus vite ! Il faut qu'on les rattrape à tout prix. Dépêchez-vous !

Restés en arrière, Mendoza et ses acolytes discutent calmement en suivant l'avancée des enfants.

Sancho : C'est p-p-pas bien...

Mendoza : Ne t'en fais pas, s'ils sont capturés nous aviserons au moment opportun.

Pedro : Hé oui, évidemment, pour nous, le principal, ce sont les cités d'or.

Mendoza : Évidemment !

Sancho : E-é-é-é.....

Les trois marins espagnols continuent d'avancer derrière le contingent armé de Gomez toujours à la poursuite des fuyards qui ont pris de l'avance sur leurs poursuivants.

Scène 9

Les enfants, Waïna et Ketcha grimpent le long d'une falaise escarpée.

Tao : Plus vite, Esteban, plus vite ! Ils sont déjà arrivés au pied de la montagne. Ils vont bientôt nous rattraper.

Esteban : Oui, je sais, Tao, je crois que je ne suis pas très doué pour ce...

Esteban glisse un peu au risque de tomber dans le vide. Zia, qui se trouve en dessous de lui, lui prodigue de précieux conseils pour surmonter sa peur des hauteurs.

Zia : Ne regarde pas derrière toi, Esteban. Essaye de te détendre et regarde vers le haut.

Esteban : D'accord.

Esteban obéit à son amie et réussit à surpasser sa peur. Ils arrivent bientôt sur une crête environnée par les hautes montagnes des Andes.

Zia : Esteban.

Tao : (étonné par le courage de son ami) Hé bien, pour quelqu'un qui a le vertige, c'est pas mal.

Esteban aperçoit au loin quelque chose qui le laisse sans voix.

Esteban : Oh mais !

Tao : (en train de remettre son baluchon sur son bâton) Mais pourquoi tu fais cette tête là ?

Au bout de la crête, devant une montagne ressemblant à un aigle aux ailes déployées, se trouve un fort aux épais remparts crénelés.

Waïna : (présentant la forteresse inca) C'est le fort de l'Aigle Noir.

Esteban : (étonné) Un fort en plein dans la montagne ?

Tao : C'est vrai que la montagne, derrière, ressemble à un aigle.

Waïna : Nous serons en sécurité à l'intérieur du fort.

Scène 10

Les soldats arrivent peu après, eux aussi, sur la crête faisant face au fort de l'Aigle Noir.

Gaspard : Là-bas, regardez, ils sont tous là. Mais qu'est-ce que c'est que ça ?

Gomez : Hé bien Gaspard, qu'est-ce que vous attendez ? Rattrapez-les avant qu'ils n'entrent dans le fort.

Gaspard : Bien, Commandant. (aux solats qui l'accompagnent) En avant vous autres !

Une nouvelle poursuite s'engage entre les Espagnols et les six fuyards.

Esteban : (prenant la main de son amie) Zia !

Scène 11

Les portes du fort de l'Aigle Noir se referment juste à temps derrière Ketcha qui fermait la marche des enfants et de Waïna.

Gaspard : (déçu) Oh, trop tard ! Les portes se sont refermées.

Gomez : Attendez, Gaspard, pas de précipitation. Je me demande si...

Gaspard : (étonné) Hein ?

Gomez : Oui, je pense que nous sommes bien sur le chemin des cités d'or. Enfin, nous verrons de l'autre côté de cette muraille.

Gaspard : (fier de sa force militaire) Commandant, je propose que nous détruisions ce fort immédiatement. Ce ne sera pas difficile. Ce n'est qu'un fort de pacotille.

Mendoza : (assis sur une pierre et leur tournant le dos) Complètement stupide.

Gaspard : (agacé) Comment ?

Mendoza : (réaliste) Vous allez vous jeter la tête baissée contre ces pierres alors que nous ne connaissons ni le nombre des défenseurs ni leurs armes et encore moins leur façon de réagir ?

Gaspard : Je sens qu'il y en a parmi nous qui ont peur. Commandant Gomez, je vous en prie, laissez moi faire.

Gomez : Je ne peux pas me permettre de perdre un seul soldat en ce moment. Et je suis d'accord avec Mendoza. Cherchons à connaître les ressources de l'ennemi.

Gaspard : Mais pourtant je vous assure...

Gomez : (posant sa main sur l’épaule du navigateur) N'insistez pas, Gaspard ! Mendoza se chargera de cette mission, n'est-ce pas ?

Mendoza : (s'immobilisant de surprise) Hein ?

Sancho et Pedro ne semble pas très rassurés devant la tournure que prennaient les événements.

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Gomez : (machiavélique) Puisqu'il s'agit de votre propre idée, vous aurez plus de chance que nous de vous en tirer.

Gaspard : (ravi devant la dangerosité de la mission affectée à Mendoza) Je n'aurais pas imaginé meilleure stratégie moi-même. Hé hé hé !

Scène 12

Dans le fort, les guerriers incas se préparent à la bataille. Waïna et Ketcha présentent les enfants au chef du fort de l'Aigle Noir.

Waïna : Voici les enfants qui viennent de l'autre côté de l'océan, là où vivent les dieux du salut.

Esteban : Bonjour, je m'appelle Esteban.

Zia : Et moi, c'est Zia.

Tao : Oh oh, Tao !

Pichu : Moi, je suis Pichu. (le perroquet de Tao se met à roucouler de plaisir quand Yupanqui se met à chatouiller le cou de Pichu) Rrrrrr rrrrrr rrrrrr...

Amusé par l'enthousiasme de Pichu, Yupanqui accueille le perroquet sur son poignet.

Yupanqui : Toi aussi tu es de nos amis ?

Pichu : Et toi, qui es-tu ?

Yupanqui : (caressant Pichu) Mon nom est Yupanqui. C'est moi qui suis le chef de cette forteresse. Aujourd'hui, le plus important, c'est que vous vous reposiez pour reprendre des forces. Mais demain vous pourrez prendre la piste pour le Vieux Pic.

Esteban : Mais, Yupanqui, ce n'est pas possible, les soldats du gouverneur Pizarro sont au pied du fort.

Yupanqui : Rassure-toi, Esteban. Jamais les soldats espagnols ne pénétreront ici tant que je serai là avec mes guerriers.

Dans le fort de l'Aigle Noir, d'innombrables guerriers incas, armés de flèches, de lances et de pierres, sont sur le qui-vive.

Yupanqui : (portant Pichu sur son épaule droite) Comme vous le voyez, nous sommes bien armés. La crête de la montagne est trop étroite pour qu'ils puissent nous attaquer de front.

Esteban : Mais un seul de leur fusil vaut dix de tes guerriers.

Yupanqui : (interrogateur) Un fusil ? Qu'est-ce que c'est qu'un fusil ?

Tao : (étonné) Tu n'en as jamais vu ?

Yupanqui : Non.

Zia : Vous ne vous êtes jamais battu contre les soldats du gouverneur ?

Yupanqui : Notre devoir est d'assurer la protection du Vieux Pic.

Guerrier : (en poste sur les remparts) Attention ! Les voilà !

Yupanqui se précipite en haut des murailles, bientôt suivi par les enfants.

Scène 13

Mendoza, Sancho et Pedro arrivent, armés de fusilsn au pied du fort de l'Aigle Noir.

Esteban : (en apercevant les trois marins espagnols) C'est Sancho, Pedro et Mendoza !

Yupanqui : (menaçant) N'approchez pas, étrangers. Un pas de plus et je vous fais abattre par mes hommes.

Les guerriers incas commencent à bander leurs arcs en leur direction.

Esteban : (implorant le chef du fort de l'Aigle Noir) Oh attendez, ne tirez pas !

Yupanqui : Quoi ?

Esteban : (à Yupanqui) Écoute-moi, je connais ces trois hommes qui approchent du fort. Ce ne sont pas des soldats.

Tao : (faisant l'avocat du diable) Mais ce ne sont pas non plus nos alliés.

Esteban : Peut-être, Tao, mais ils m'ont déjà sauvé la vie à plusieurs reprises. Et ils n'ont pas l'habitude de se battre. On ne peut pas les attaquer comme ça. Yupanqui, je t'en supplie...

Yupanqui : (cédant à la demande d'Esteban) D'accord, je vais juste les intimider. Ils s'enfuiront peut-être.

Esteban : (soulagé) Ah !

Une volée de flèches arrive juste devant les trois hommes. Sancho et Pedro s'enfuient de peur mais Mendoza garde son sang-froid, passant son fusil derrière ses épaules, et continue à avancer en direction des assiégés incas.

Mendoza : Esteban ! C'est moi, Mendoza. Si tu m'entends, montre-toi, Esteban.

Esteban : (levant la tête) Qu'est-ce que tu me veux ?

Mendoza : Tu es sain et sauf. Tant mieux. Est-ce que Tao et Zia sont avec toi, Esteban ?

Les trois enfants, du haut de la muraille, se montrent à Mendoza.

Mendoza : Je suis heureux de vous avoir revu tous les trois. À bientôt. À très bientôt. (sur un ton très mystérieux) Peut-être même à ce soir... Ah ah ah !

Tao : (perplexe) Qu'est-ce qu'il nous veut encore ?

Scène 14

La nuit est tombée sur le fort de l'Aigle Noir. Les enfants sont assis sur la muraille et regardent la crête environnante.

Esteban : Oh, ce silence.

Tao : Oh, ils se préparent peut-être à nous attaquer.

Zia : C'est sûr, ce commandant Gomez est comme le serpent. Je suis certaine qu'il prépare quelque chose contre nous.

Waïna arrive à cet instant près des enfants.

Waïna : Que peuvent-ils préparer ?

Esteban : Oh bah je sais pas. Comment t'expliquer ça ? C'est une impression...

Waïna : Explique-toi, Esteban. C'est important.

Esteban : Je sais pas, mais le commandant Gomez... Oh c'est bête, je sais mais...

Tao : (avouant son ignorance) Moi, je n'ai rien compris.

Esteban : Attends ! Tout à l'heure, quand Mendoza est venu, il nous a dit "À ce soir peut-être".

Zia : Ça y est, ça me revient maintenant. Quand j'étais petite, au palais, en Espagne, j'ai entendu quelqu'un vanter l'habileté du commandant Gomez pour les attaques de nuit.

Tao : (claquant des doigts de triomphe) C'est ça !

Esteban : Mais oui, bien sûr. Mendoza voulait nous dire que l'attaque aurait lieu cette nuit.

Waïna : (froidement) Impossible.

Esteban : (interrogateur) Pourquoi ?

Waïna : Parce que nous ne combattons jamais la nuit.

Esteban : (perplexe) Pourquoi ?

Waïna : Seule la protection du dieu Soleil peut nous permettre de gagner.

Esteban : Mais Gomez n'attendra pas, lui. Il va attaquer.

Waïna : (réaliste) Même si nous combattons cette nuit pour nous défendre, comment saurons-nous s'il s'agit des ennemis ou de nos guerriers ?

Esteban : Ben....

Zia : Et si on allumait un grand feu, juste devant les portes du fort ?

Esteban : Mais... Quand on alimentera le feu, ils nous tireront dessus avec leurs fusils.

Tao : (en regardant fixement la crête) Des bûches peut-être...

Esteban : Tu as une solution, Tao ?

Waïna : (sur un ton pressant) Si tu as une idée, Tao, fais vite.

Tao : (heureux) Ah ! Oh oui, on va essayer ! Ah ah !

Tao, trop content de sa nouvelle idée, en tombe à la renverse.

Scène 15

Un guerrier inca plante solidement un tronc d'arbre incliné dans l'enceinte du fort. Tao s'approche de lui suivi par un autre guerrier portant un grand arc.

Tao : Et par ici, ça va ?

Tao monte derechef sur le tronc et prend l'arc avec ses deux mains.

Tao : Donne. Il faudra l'attacher bien fort dans le haut avec une corde. Comme ça je crois que ça sera parfait.

Tao bande l'arc de toutes ses forces mais le câble glisse de ses doigts et l'arc se referme sur l'enfant, risquant de l'étrangler complètement.

Tao : (s'étouffant à demi) Aaaah ! Tu vois ? Il vaut mieux l'attacher solidement.

Waïna arrive avec une énorme flèche dont le bout est entouré de bandages semblable à une immense torche.

Waïna : Regarde Tao. Est ce que ça ira comme ça ?

Tao : Oh oui, ça m'a l'air très bien. Maintenant il n'y a plus qu'à mettre de l'huile dessus.

Waïna : (intrigué) De l'huile ?

Esteban et Zia déplient un grand morceau de toile trouvé dans une cabane du fort.

Esteban : Tao, viens voir ! Est-ce que cette toile est assez grande ?

Tao : Oh oui, ça fera l'affaire. Attachez la corde à la toile à intervalles réguliers à peu près comme ça, tu vois ?

Esteban : (perplexe) Attacher une corde ?

Tao : Mais vite ! Il n'y a pas une seconde à perdre ! Il faut finir avant le coucher du soleil !

Scène 16

Tous les habitants du fort de l’Aigle Noir dorment à poings fermés. Sur la crête, les soldats s’apprêtent à attaquer.

Gomez : Enfin ! Souhaitons-leur de beaux rêves !

Gaspard : (confiant) On aura aucun mal à escalader ces murailles.

Gomez : La nuit est tombée. On peut y aller.

Gaspard : (aux soldats) Allons-y !

En courant en direction du fort de l'Aigle Noir, Gaspard trébuche lourdement sur une corde tendue en travers du chemin sinueux de la crête.

Scène 17

Dans la cour du fort de l'Aigle Noir, Pichu, dont une patte est attachée à une liane en guise d’alarme, se réveille brusquement.

Pichu : Alerte ! Alerte ! Alerte ! Alerte ! Alerte ! Alerte ! Alerte !

Les cris du perroquet réveillent son maître qui dormait profondément.

Tao : Esteban, vite ! Apporte les torches !

Esteban et Zia sortent en courant d'une maison, des torches à la main. Ils s'approchent près de l'invention de Tao : c'est une arbalète géante dont le projectile est une flèche munie d'un parachute.

Tao : Enflamme le bout.

Il s'exécute.

Tao : (en voyant que tout est prêt) Je te confie ma machine. Vas-y !

Esteban : Sois tranquille. Prêt ? Je lâche !

Esteban envoie la flèche enflammée dans le ciel étoilé. Lorsqu'elle fut à une altitude suffisante, un parachute s'ouvre à l'arrière, ralentissant la chute du projectile dont la lueur permet d'éclairer toute la crête environnante.

Scène 18

Les soldats espagnols, sidérés, se sont arrêtés pour regarder.

Gaspard : Hein ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Oh ! Par la malepeste !

Gaspard vise et tire sur le projectile enflammé. Au même moment, une pluie de pierres s'abat sur lui et ceux qui l'accompagnent. Les soldats se replient en grand nombre. Du haut de la muraille, Yupanqui donne des ordres.

Yupanqui : (exhortant ses hommes) Continuez ! Ils s'enfuient ! Tirez !

Les soldats de Gomez essaient de résister, mais les pierres les repoussent toujours plus.

Soldats : Repliez-vous ! Repliez-vous !

Gomez : Mettez-vous à couvert. Repliez-vous !

Gaspard : Allez-vous mettre à couvert !

Loin de la zone de combat, Mendoza et ses deux compagnons n'ont pas perdu une seule miette de la scène.

Pedro : Cette bande de polissons ne se débrouillent pas mal. Qu'est-ce que t'en penses, Sancho ?

Sancho : C'est pas moi qui m'aventu... qui m'aventu... qui m'aven... qui ir-r-rais là-bas, hein !

Mendoza : Bon bah, je pense que c'est le moment de filer.

Les trois marins espagnols s'en vont discrètement dans la nuit tandis que, dans le fort de l’Aigle Noir, tous regardent avec fierté la fusée éclairante inventée par Tao.

Esteban : (à Tao) Tu nous as sauvés, mon vieux.

Tao ne peut s'empêcher de rire, gêné.

Scène 19

Le lendemain main, Waïna et les trois enfants quittent le fort de l'Aigle Noir pour se diriger vers le Vieux Pic. Ils passent sur d'étroits chemins surplombant de profonds précipices...

Tao : (en voyant son ami avancer longer la paroi pour ne pas tomber) Oh, Esteban n'a pas l'air d'être très à son aise.

Pichu : Non.

... un pont suspendu en bois...

Esteban : (pris de frayeur) Oh non !

... où Waïna est obligé de le transporter sur son dos après avoir fait quelques pas en titubant...

Tao : Il suffit de pas regarder, il n'arrivera jamais à s'y faire.

Pichu : (perché sur le baluchon de son maître) Le vertige...

Esteban : (crispé sur le dos de Waïna) Je commence à en avoir assez, moi, de toutes ces promenades, au dessus du vide. Y'a pas moyen de passer ailleurs ?

... pour arriver devant une splendide cascade aux eaux chatoyantes.

Esteban : Oh que c'est joli !

Tao : Nous sommes arrivés au bout du chemin.

Waïna : On va passer par ici, suivez moi !

Esteban est à la traîne : il continue d'admirer la cascade.

Tao : Esteban, alors ? Tu viens ?

Esteban : (gêné) Oui !

Scène 20

Derrière la cascade se trouve dissimulée une immense ouverture.

Esteban : Tiens, regardez, l'entrée d'une grotte.

Ses deux amis sont émerveillés par l'endroit majestueux.

Tao : Oh elle est grande !

Zia : Oh, c'est terrifiant !

Waïna : En montant tout droit, nous arriverons au Vieux Pic.

Zia : (à Esteban) Tu as entendu ? On y est presque !

Esteban : (enthousiaste) Alors allons-y ! En route !

Scène 21

Les enfants arrivent bientôt à la fin de la grotte.

Esteban : (tenant la main de Zia) Y'a de la lumière, là-bas, au fond.

Tao : Alors nous sommes dans la bonne direction.

Zia : Celle du Vieux Pic ?

Esteban : Zia, viens avec moi !

Zia : Oui !

Esteban et Zia partent tout deux en courant, laissant derrière Tao, Pichu et Waïna.

Tao : (surpris par l'attitude de ses amis) Mais pourquoi courez-vous comme ça ?

Pichu s'envole soudain de son perchoir.

Pichu : Cours toi aussi ! Cours ! Cours !

Tao : (voulant arrêter son perroquet) Pichu !

Abandonné par ses compagnons, il se met lui aussi à courir en direction de la lumière.

Scène 22

En sortant de la grotte, les trois enfants eurent un éblouissement. Ils contemplaient le Vieux Pic, une magnifique cité enveloppée de nuages qui lui donnaient une impression étrange et irréelle.

Esteban : On dirait que la ville est suspendue dans le ciel.

Une bourrasque de vent chasse les nuages laissant apparaître l'étendue et la beauté de l'immense cité inca.

Esteban : Je n'ai jamais vu une ville aussi belle que ça.

Zia : Tu as raison, Esteban. On a l'impression de rêver.

Waïna : (aux enfants) Voici la ville du Vieux Pic, mes amis. Les villageois doivent nous attendre. Ketcha les a prévenus.

Scène 23

Les trois enfants et le guerrier inca font leur entrée dans la ville. Devant les habitants émus par leur visite, ils montent tranquillement de longs escaliers menant jusqu'au palais. Waïna s'agenouille respectueusement devant un homme de haute stature, vêtu d'un habit de cérémonie et portant un grand casque en or et de lourdes boucles d'oreilles de même métal.

Waïna : (aux enfants) Je vous présente le doyen et chef de notre ville : Kraka ! (au chef du Vieux Pic) Chef Kraka, je vous ai amené les enfants qui ont traversé le grand océan. Les voici : Tao, Esteban et la petite Zia !

Kraka remarque soudain le médaillon que porte Zia autour de son cou.

Zia : (surprise) Oh ! Qu'y a-t-il ?

Kraka : (étonné) Mais d'où vient le médaillon que tu portes ?

Zia : Je le tiens de mon père. (Zia enlève son médaillon pour le donner à Kraka qui commence à l'examiner d'un peu plus près) Il appartient à ma famille. Et de génération en génération, on le donne à la naissance de la première fille.

Esteban : Et moi j'ai celui-ci. (Esteban donne à son tour son médaillon à Kraka qui l'examine également malgré l'absence du blason du soleil) Je n'ai pas la partie qui représente le soleil. C'est Mendoza qui l'a.

Kraka : (en levant les yeux vers Esteban) Vous dites bien la vérité ?

Esteban : Mais bien sûr !

Kraka : (montrant les deux médaillons aux enfants) Dans ce cas, mes chers enfants, vous êtes en possession des clés de la cité d'or de Tseila.

Esteban et Zia : (étonnés) Oh !

Kraka : Depuis de nombreuses générations, notre peuple attend votre venue. Car la parole dit que lorsque ces deux médaillons, après avoir quitté la déesse de la lune seront dans les bras de Pacamama, déesse de la terre, (Kraka superpose les deux médaillons l'un sur l'autre) alors s'ouvriront les portes de la cité d'or de Tseila.

Esteban : Ça c'est incroyable ! Tu as entendu, Zia ? Nos médaillons sont les clés qui ouvriront les cités d'or.

Esteban et Zia se mettent alors à rêver à la splendide cité d'or de Tseila que leurs pendentifs pourront ouvrir les portes.

Dans le prochain épisode...

Au Vieux Pic, nos amis découvrent un cadran solaire et un globe céleste qui ont une signification mystérieuse. Esteban y trouve aussi une surprise : il rencontre quelqu'un qui connaît son père. Ne manquez pas le prochain épisode des Mystérieuses Cités d'Or.

Documentaire

Esteban, notre héros, découvre, au cours de ses aventures, une ville aérienne. Celle-ci n'est pas une invention, elle existait réellement dans l'empire inca. Et en effet, les Incas, poursuivis par l'armée espagnole, avaient quitté Cuzco pour bâtir au fin fond des Andes une nouvelle ville impériale qui se nommait Bilcabamba.

Située à 110 kilomètres environ au nord-ouest de Cuzco, aujourd'hui à trois heures de train. En remontant le fleuve Urubamba vers la source de l'Amazone, la vallée devient soudain escarpée, aboutissant à une paroi montagneuse en forme de paravent. Du sommet de cet escarpement se découvre devant nos yeux, un spectacle inimaginable, la ville forteresse de Machu Picchu, au sommet de la montagne, comme flottant dans les airs.

Les Incas s'y réfugièrent pour échapper aux Espagnols. Ils occupaient la zone plate située autour du temple et utilisaient les pentes de la montagne pour y bâtir des habitations et y faire des cultures en terrasses. Plus de 15 000 personnes y vivaient ainsi, de la même façon qu'à Cuzco. Comment ces énormes pierres ont-elles pu être transportées jusqu'à cette crête ? Le mystère reste entier aujourd'hui encore.

Malgré leurs recherches, les Espagnols ne purent jamais découvrir l'emplacement du Machu Picchu. Le site resta inconnu et préservé pendant 350 ans jusqu'en 1911 lorsqu'un jeune archéologue américain, Hiram Bingham, gravissant cet à-pic, découvrit, tout à fait par hasard, la ville fortifiée. Les fouilles ultérieures permirent de découvrir 173 momies dans une caverne. La presque totalité étaient des momies de jeunes filles. Peut-être des vierges affectées au culte du dieu soleil. Mais pourquoi ces expressions de douleur ? Attendaient-elles le retour de la guerre de jeunes soldats qui n'en revinrent jamais ? Furent-elles condamnées à cause de cela ou bien l'Empereur inca préféra-t-il faire tuer le reste de la population afin de préserver le secret de la ville du soleil ? De toute façon, la ville semble avoir été oubliée bien avant l'arrivée des Espagnols. Pourquoi fut-elle abandonnée ? Machu Picchu ne nous donne, hélas, aucune réponse.

Au revoir, à bientôt.