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Transcription de la version française de l'épisode 1x11 - Les messagers de la région des mystères

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

Encerclés par des soldats espagnols sur le chemin du village de Zia, Esteban et ses compagnons réussissent à s'échapper et se réfugient dans un temple où ils rencontrent un vieux prêtre nommé Pacha. Soudain le pilier de glace qui soutient le temple s'écroule et le prêtre est enseveli. Nos amis échappent à la mort de justesse.

Scène 1

Les trois enfants marchent dans la montagne depuis un long moment. Tao est visiblement fatigué.

Tao : Ah on devrait s'arrêter un petit moment pour se reposer, non ?

Esteban : S'arrêter ? Encore ? Mais on s'est reposé il y a à peine une heure et il est déjà fatigué !

Tao : Hé oui, je suis mort de fatigue.

Tao trébuche sur une pierre et s'écroule à terre. Pichu se pose sur lui.

Tao : (à Pichu) Eh toi, va-t'en de là !

Pichu : Hé quoi ? Quoi ?

Rabroué durement par son maître, le perroquet de Tao s'envole en battant des ailes.

Pichu : Sauve qui peut ! Alerte ! Alerte !

Pichu observe alors au loin deux Indiens vêtus de peaux de bêtes qui arrivent vers eux en courant.

Esteban : Qu'est-ce qu'il y a Pichu ?

Esteban regarde au loin et aperçoit les hommes accourir dans leur direction.

Esteban : Hein ? Oh ! Deux hommes, ils nous ont vus et ils viennent par ici !

Zia : C'est étrange, leurs costumes sont différents de tous les costumes incas que je connaisse.

Tao : Oh, ce ne sont pas des coupeurs de tête, au moins ?

Homme en peau de bête : Hé ! Hé ! Attendez-nous !

Tao : Ah pas question ! Moi je me sauve ! Venez !

Scène 2

Les enfants s'enfuient en courant. Esteban brusquement s'arrête près d'un tronc d'arbre mort.

Esteban : Ah non, attends, Tao ! Arrête-toi un instant. Reviens !

Tao : Mais qu'est-ce que tu fiches, dépêchons-nous de nous sauver, enfin !

Esteban : Avec ce tronc d'arbre, on ira plus vite.

Tao : Comment ça ?

Esteban s'assoit à califourchon sur le tronc d'arbre.

Esteban : Zia, monte derrière moi et cramponne-toi bien !

Zia : Je ne comprends pas.

Esteban : Ça va ? Tu me tiens bien ? T'es bien accrochée ? Allez vas-y, Tao ! Pousse-nous !

Tao : Comment ?

Esteban : Dépêche-toi !

Tao : Et pourquoi ça serait à moi de pousser ?

Zia : Allez, Tao !

Après avoir fixer solidement le bâton de son baluchon dans le tronc d'arbre, Tao le pousse jusqu'au bord d'une pente vertigineuse.

Esteban : Allez, Tao, vite grimpe !

Tao : Hein ?

Le tronc bascule dans le vide : Tao, après un vol plané, atterrit dessus, derrière Zia. Les enfants se servent du tronc comme d'une luge pour descendre la colline.

Tao : Aaah !

Esteban : Ah c'est parfait, ça glisse tout seul. Ils ne pourront pas nous rattraper.

Pichu : (en battant des ailes au-dessus d'eux) Attention, Tao ! Cramponne-toi !

Les enfants : Aaah !

Zia : Esteban, freine ! On va trop vite, c'est dangereux, fais quelque chose !

Esteban : Tu n'as confiance en moi ?

Le tronc dévale la pente à une allure vertigineuse. Esteban n'aperçoit que trop tard la dangerosité de leur folle aventure.

Esteban : Attention, on est presque en bas.

Tao : Et comment on va s'arrêter ?

Esteban : C'est le problème, j'y ai pas vraiment pris le temps d'y penser.

Zia : Quoi ?

Esteban : Je ne sais pas !

Tao : Idiot, tu vas nous tuer !

Esteban : Mais t'es marrant, j'ai pas eu le temps. Oh, c'est malin.

Les enfants : Oooh ! Oooh !

Mais Esteban aperçoit soudain une menace se profiler devant lui.

Esteban : Oooh ! Des cactus, des cactus droit devant !

Zia : Esteban !

Esteban : Freinons tous ensemble !

Zia et Tao : Esteban !

Les enfants : Oooh ! Oooh !

Les trois enfants font un vol plané et atterrissent dans un champ de cactus avoisinant.

Scène 3

Battant furieusement des ailes, Pichu va s'enquérir de l’état de santé des enfants.

Pichu : Esteban, Esteban, tu t'es fait mal ?

Esteban regarde autour de lui et voit Zia allongée pas très loin, inanimée. Il se précipite immédiatement vers elle.

Esteban : Oh, Zia ! Oh ! Mon Dieu, elle a perdu connaissance.

Zia ouvre doucement les yeux.

Zia : Oh, Esteban, tu n'es pas blessé ?

Esteban : Oh, tu m'as fait peur, t'es sûre que tu n'as rien de cassé ?

Le corps couvert de poussières, Tao sort à quatre pattes du champ de cactus en bougonnant.

Tao : Oh là là là là ! J'en ai marre, mais qu'est-ce que j'en ai marre. Oh là là ! C'est de ta faute, comme d'habitude, toi et tes inventions idiotes, ça marche jamais.

Esteban et Zia se mettent à rire en remarquant Tao avec un bout de cactus sur la tête.

Tao : (vexé) Toi, tu ferais mieux de regarder la tête que t'as au lieu de te moquer de moi.

Esteban : Oh ?

Zia continue de rire toute seule.

Esteban : (à Zia) Mais toi aussi, Zia !

Zia : (gênée) Oh...

Rire général. Mais Esteban aperçoit les deux hommes en peaux de bêtes et armés de lances au sommet de la colline.

Esteban : Oh !

Tao : (en apercevant les deux guerriers) Oh, non ! Encore ceux-là, qu'est-ce qu'ils veulent ?

Esteban : Quelle direction faut-il prendre pour aller chez toi, Zia ?

Zia : Il suffit de suivre notre ombre.

Esteban : Alors allons-y !

Mais, dans sa précipitation, Tao n'avait pas ramassé son baluchon tombé par terre après leur folle équipée sur le tronc d'arbre. Son perroquet apprivoisé se charge de le lui rappeler bruyamment..

Pichu : Tao, ton baluchon ! N'oublie pas ton baluchon !

Tao : (retournant sur ses pas, agacé) Ouais, je sais...

Les enfants partent en courant alors que les deux hommes descendent rapidement la colline pour les poursuivre.

Pichu : Vite, vite, vite ! Ils se rapprochent.

Scène 4

La troupe de soldats conduite par Gomez et Gaspard avance lentement. Ils sont fourbus de fatigue. Cependant, au loin, un cavalier arrive au galop, au devant d’eux.

Cavalier : Commandant Gomez ! Un message urgent, Seigneur Gomez.

Gomez : Qu'y a-t-il ?

Cavalier : Le gouverneur Pizarro est certain que la petite Zia va chercher à rejoindre son village. Voici la carte.

Gomez : (consultant le plan d'un air satisfait) En effet, c'est tout à fait possible, ce n'est pas très loin d'ici. J'espère que cette fois ci, elle ne réussira pas à m'échapper.

Scène 5

Les enfants s'arrêtent de courir près d'une rivière à l'eau marron et sale. Ils sont exténués de fatigue.

Esteban : Oh je suis épuisé... Oh je ne comprends pas, je n'ai jamais été aussi essoufflé de ma vie.

Zia : (reprenant doucement son souffle) Oh, c'est normal, Esteban. Nous sommes en altitude : l'air est plus rare.

Pichu : (s'approchant des enfants en volant à tir-d'aile) Ils ont disparus ! Ils ont disparus !

Tao : Oh, merci Pichu. On va pouvoir se détendre la tête et les jambes.

Esteban : Oh tu es sûr qu'ils ne sont plus à notre poursuite, Pichu ?

Pichu : Vous pouvez vous reposer ! Vous pouvez vous reposez !

Esteban : Oh, ils étaient quand même drôlement obstinés. On l'a échappé belle. Je me demande ce qu'ils...

Un "plouc" dans l'eau interrompt brusquement Esteban.

Esteban : Hein ? Oh, c'est un poisson qui a sauté

Tao : N'importe quoi. Un poisson dans une eau aussi sale. Alors ça, ça m'étonnerait.

Esteban : Mais je t'assure, j'ai bien vu un poisson sauter.

Tao : Jamais de la vie.

Les deux garçons commencent à se disputer violemment.

Esteban : Je te dis que si !

Tao : Je te dis que non !

Esteban : Puisque je te dis que je l'ai vu !

Tao : Alors t'as des visions !

Un gros "plouc" retentit une nouvelle fois. Zia lève aussitôt la tête...

Zia : (effrayée) Oh ! Regardez ! Ils nous ont rejoints.

En effet, les deux hommes en peaux de bêtes se trouvent au dessus des enfants. Les pierres que leurs poursuivants font malencontreusement tomber arrivent dans l'eau en faisant un gros "plouc" dans la rivière.

Pichu : (épouvanté) Aaaah!

Tao : Oh, sauvons-nous !

Esteban : (se heurtant à Tao qui s'enfuyait à toutes jambes) Pousse-toi, voyons ! Pousse-toi !

Tao : (Esteban qui lui barre le passage) T'as qu'à me laisser passer.

Zia : Par ici ! Par ici !

Les enfants partent en courant le long de la rivière à l'eau marron, guidés par Zia.

Scène 6

Les enfants s'arrêtent brusquement près de la rive.

Tao : (incrédule) Tu crois vraiment qu'on peut traverser ici, Zia ?

Zia : Là, les petites vagues qu'on aperçoit sur la rivière, il y a des pierres, juste en-dessous. On peut traverser à cet endroit là. Venez !

Esteban : Bon, puisque tu le dis.

Ils traversent la rivère tandis que les deux hommes à peaux de bêtes se remettent à leur poursuite.

Scène 7

Sur une plaine, en plein brouillard, les enfants marchent toujours.

Zia : C'est bizarre...

Esteban : Qu'est-ce qui est bizarre ?

Zia : Tout ce brouillard, je ne sais pas, il y a quelque chose de drôle.

Esteban : C'est la première fois que tu en vois par ici, Zia ?

Zia soupire en baissant les yeux.

Tao : Tu t'es peut-être trompée de chemin, tout simplement, avec tous ces détours.

Zia : Je vous assure, j'y comprends plus rien.

Tao : Ah ça alors, vraiment, c'est le bouquet. Si maintenant tu ne sais plus où se trouve ton propre village.

Esteban : (s'adressant à Tao sur un ton véhément) Oh je t'en prie, fais-moi plaisir Tao : arrête de rouspéter. On est plus dans ton île déserte, ici c'est différent.

Tao : Ouais, peut-être, mais n'empêche...

Zia : Il a raison, je crois qu'on a dû se tromper de chemin, c'est ma faute, excusez-moi !

Tao : On a marché pour rien.

Esteban : Oh, c'est pas grave, t'en fais pas, Zia. On va d'abord se reposer un peu.

Esteban et Tao s'assoient sur un rocher pour se reposer.

Esteban : Hein ?

Zia reste debout à regarder au loin puis s'agenouille, triste et déçue.

Esteban : (inquiet) Hein ? Zia !

Esteban accourt pour la réconforter.

Zia : (les larmes aux yeux) Je croyais... Je croyais qu'enfin j'allais retrouver mon village et les miens.

Esteban : Oh, te décourage pas, Zia. Bientôt tu retrouveras ton père et ce sera pour toujours, j'en suis certain.

Tao : J'te trouve bien optimiste, Esteban. J'aimerais te croire.

Esteban : (s'adressant à Tao) Il faut avoir confiance, voyons.

Esteban regarde alors le ciel en souriant.

Esteban : Oh ça alors !

Zia : (triste) Qu'est-ce qu'il y a ?

Esteban : Mais regarde !

Le soleil pointe à l'horizon comme par miracle.

Zia : Oh, le brouillard se lève !

Tao : (étonné) Le brouillard se lève ?

Tao se rapproche d'Esteban pour examiner attentivement son ami.

Tao : (perplexe) Tu souris et le soleil paraît, t'es pas normal toi !

Esteban : (agacé) Tu ne vas quand même pas être aussi stupide que les autres ?

Après quelques secondes de répit.

Esteban : Hein ?

Esteban aperçoit soudain quelque chose au loin.

Esteban : Regardez là-bas ! On dirait qu'il y a quelque chose sur la montagne. En face.

Cri d'exclamation général.

Zia : (enthousiaste) Oh cette fois ça y est, je suis sûre que c'est mon village. Nous sommes arrivés ! Regardez c'est là !

Esteban : C'est ça ton village ?

Zia : (heureuse) C'est lui. Mon long voyage est enfin terminé. Je suis de retour dans mon pays.

Esteban : Eh bien dépêchons-nous !

Tao : (à la traîne) Hé ! Mais attendez-moi !

Ils partent tous en courant en direction du village de Zia enfin retrouvé.

Scène 8

Ils arrivent dans un village désert.

Zia : (s'élançant avec enthousiasme) Oh, on ne s'est pas trompés. (se retournant vers ses amis en ouvrant grands les bras) Soyez les bienvenus chez moi !

Esteban : Comme c'est étrange, quel calme !

Tao : Oh oui, ça. Y'a pas foule.

Zia : Oh ! (scrutant les alentours) Mais où sont-ils tous ? Ils devraient tous être là pour m'accueillir et il y a personne. Il a dû se passer quelque chose de grave.

Un condor survole soudain le village. Pichu se réfugie dans la tunique de Tao.

Pichu : Oh au secours ! Au secours !

Tao : Oh, mais vas-tu sortir de là ? Mais qu'est-ce qui te prends ? Tu es fou ou quoi ? Sors de ma tunique, espèce de crétin à plumes !

Esteban ramasse le bâton de Tao et le brandit comme une arme.

Zia : Esteban, non ! C'est Patu, mon condor.

Esteban : (étonné) Ton condor ?

Patu se pose doucement sur une branche, ailes repliées.

Zia : Patu ! Toi, au moins, tu m'as attendue, Patu.

Le condor salue sa jeune maîtresse qu'il la reconnue d'un cri de joie tandis que Pichu continue à s'agiter de peur sous la tunique de Tao.

Tao : Oh, oooh !

Zia : Patu, Pichu est l'ami de Tao et le mien.

Patu remarque quelque chose puis s'envole en laissant les enfants.

Zia : Non, ne pars pas ! Il a dû sentir quelque chose. Ça n'est pas normal.

Scène 9

Des soldats espagnols encerclent les enfants au pas de charge.

Zia : Oh !

Esteban : Oh !

Tao : (épouvanté) Oh là là ! Les soldats de Gomez !

Un Espagnol s'avance devant eux. C'est Gaspard.

Gaspard : (d'un ton moralisateur) Les enfants, c'est pas gentil de nous avoir fait attendre.

Les enfants prennent leurs jambes à leur cou, se faufilant à travers les ruelles du village de Zia.

Zia : Oh ! Sauve qui peut ! Par ici !

Gaspard : Eh oh ! Ola ! Oh ! Satanés gamins ! Rattrapez-les, vite ! Allez ! Courez ! Vas-y ! Courez ! Plus vite !

Zia : (en montrant à Esteban et Tao le temple du village) Vite, là-haut !

Tao : Attendez-moi !

Les enfants montent en haut d'un temple.

Gaspard : Nous les tenons !

Soldats : Oui. Oui. Attrappons-les !

Gaspard : Allez-y ! Ah !

Pour protéger la fuite des enfants, Patu fait tomber les soldats qui essayaient de grimper l'escalier du temple.

Soldats : Aaah !

Scène 10

Dans le temple du village, les enfants ferment la porte.

Zia : Vite ! Fermez la porte !

Esteban : Tao, aide-moi !

Tao : Voilà !

Après avoir verrouillé solidement la porte.

Esteban : On est en sécurité...

Mais des soldats se tiennent dans l'ombre.

Gomez : Pas tout à fait, il me semble.

Les enfants : Hein ?

Leurs yeux s'habituent vite à l'obscurité.

Esteban : (en reconnaissant la voix de l'homme qui leur fait face) Oh, nous sommes perdus : le commandant Gomez !

Gomez : Ah ah ah ! Vous n'avez vraiment pas choisi le bon endroit pour vous cacher. Attrapez-les, vous autres !

Des soldats s'emparent facilement des enfants.

Esteban : Ah ! Ah ! Sauve-toi, Zia ! Sauve-toi !

Zia : N'approchez pas ! Ah !

Tao : Oh ! Vas-tu me lâcher ? Je t'interdis de me toucher !

Les enfants : Aahh !

Zia : Lâchez-moi !

Les enfants : Au secours ! Aahh !

Scène 11

En sortant du temple, Gomez et les enfants surplombent le village de Zia.

Gomez : Regardez bien !

Esteban : Hein...

Gaspard : Allez-y !

Sur l'ordre de Gaspard, des soldats mettent le feu au village en lançant des torches enflammées sur les toits des maisons.

Zia : Oh !

Gomez : (machiavélique) Si tu ne traduis pas immédiatement le quipu, Gaspard et ses hommes mettront le feu à tout le village.

Zia : (fermant les yeux de rage) Misérables !

Gomez : Alors, tu te décides ? Tant pis, tu l'auras voulu. Est-ce que tous vos hommes sont prêts, Gaspard ?

Gaspard : Ils sont prêts. Quand vous voudrez, seigneur Gomez.

Gomez : Conduisez les enfants à la sortie du village !

Pichu regarde tristement les enfants partir.

Pichu : Tao, t'en vas pas, me laisse pas !

Patu tourne en rond au dessus du village.

Scène 12

Les enfants sont conduits devant un énorme trou dans lequel se trouve un immense monticule de terre.

Esteban : Mais qu'est-ce que c'est ?

Zia : Une fourmilière !

Esteban et Tao : (épouvantés) Quoi ?

Gomez : Elle a raison, c'est une fourmilière. (à un soldat) Tout est prêt ?

Soldat : Ouais, c'est prêt.

Un soldat jette une branche d'arbre en direction de la fourmilière. Les fourmis se jettent dessus et la déchiquettent rapidement. Les enfants sont effrayés.

Esteban : Oh !

Tao : Aaaah !

Esteban : Nooon !

Gomez : (menaçant) Quelques minutes suffisent à ces charmantes bestioles pour dévorer un bœuf en ne laissant que la carcasse. Tu vois que tu ferais bien mieux de me parler du quipu. Tu as le choix. Ou tu parles, ou tes deux amis seront jetés aux fourmis.

Zia : Oh !

Tao : (terrifié) Quoi, il va nous jeter là dedans ?

Gomez : Conduisez-les en bas !

Des soldats commencent à emmener Tao et Esteban au pied de la fourmilière.

Esteban : Oh ! Non, non, non !

Tao : (essayant de se débattre) Pas moi !

Esteban : Assassins !

Tao : Vous êtes des monstres !

Zia : Oh ! Arrêtez ! Je vais parler ! Ça suffit ! Je vous dirai tout ce que vous voulez savoir.

Esteban : Il ne faut pas, Zia !

Gomez : Hé hé hé hé hé ! Enfin raisonnable. Alors petite Zia, quel est donc le message caché dans le quipu d'or ?

Zia : Allez sur le Vieux Pic, au nord du village de Puma !

Gomez : Au nord de ce village ? Mais c'est une région hantée où même les bêtes sauvages ne s'aventurent pas. C'est donc là que se trouverait cette fameuse cité d'or... (s'adressant au capitaine de la garde) Gaspard !

Gaspard : Excellence.

Gomez : Qu'on envoie un messager porter la nouvelle au gouverneur Pizarro. Dites-lui que nous avons retrouvé la petite, qu'elle a parlé. Le secret du quipu est : "Allez sur le Vieux Pic, au nord de Puma"

Gaspard : Compris !

Gomez : Attendez, c'n'est pas tout ! Dites à son excellence que, pour vérifier ce que dit le quipu, nous faisons route vers le Vieux Pic avec les enfants dès maintenant !

Gaspard : Soldats ! En avant !

Scène 13

Le soir tombe. Les enfants sont rudement enfermés dans une maison, sorte d'annexe reliée au temple par une allée couverte.

Tao : Ah ! Oh !

Esteban : Hé, doucement !

Zia : Ah !

Soldat : Maintenant, tâchez de vous tenir tranquilles jusqu'à demain matin !

Le soldat s'empresse de sortir du cachot mais Zia tente de l'arrêter.

Zia : Attendez ! Où sont les villageois ?

Soldat : (agacé) J'en sais rien. On a vu personne. On est arrivés trop tard et ils avaient déjà dû prendre la fuite.

Le soldat claque violemment la porte. Les enfants restent enfermés.

Zia : Oh ! Je suis soulagée.

Esteban : Oh, c'est triste pour toi, Zia. Tu as réussi à revenir ici et tu ne peux même pas voir ton père.

Zia : Oui, mais si les villageois sont allés se cacher dans la montagne, en voyant arriver les soldats, mon père est sûrement avec eux.

Esteban : T'inquiète pas, Zia ! Je suis certain que tu vas tous les revoir très bientôt. Et puis nous sommes avec toi, Tao et moi. N'est-ce pas, Tao ?

Tao : Hein ? Euh... bien sûr qu'on est avec toi... oui.

Il lui tourne le dos, rougissant.

Zia : T'es gentil de me consoler, Esteban. Et toi aussi, Tao.

Tao : Comment faire pour s'évader de cette cage ?

Zia : Oh, mais j'y pense, si on arrivait à pénétrer dans le temple, il y a un passage secret.

Esteban : (étonné) Oh, c'est vrai ?

Zia : Les anciens de mon peuple avaient construit le passage pour s'enfuir si jamais ils étaient attaqués. Seulement le problème, c'est que ce passage secret est défendu par un dieu.

Tao : Comment il est ton dieu ? Il est méchant ou il est gentil ?

Zia : Je ne le sais pas. C'est bien l'ennui. Peut-être que si c'est un dieu hostile, ça risque d'être trop dangereux.

Tao : Ouais, bah en tous cas, moi, je préfère affronter un dieu plutôt que de rester ici.

Scène 14

Dehors un des deux gardes en faction devant la prison où étaient retenus les trois enfants en captivité reçoit une pierre et tombe à terre inconscient. Son collègue, inquiet, s'empresse d'aller voir ce qui est advenu de son camarade.

Soldat : Eh ben, mon vieux, dis donc, c'est pas le moment de dormir, hein !

Il ne peux dire davantage car il reçoit lui aussi une pierre...

Soldat : À moi ! À moi !

... et s'écroule.

Scène 15

Le bruit de l’agression du garde réveille les trois enfants qui dormaient.

Esteban : Vous avez entendu ? Qu'est-ce que c'est ?

Tao : On aurait dit quelque chose qui tombait dehors.

Zia : Oui, moi aussi, j'ai entendu.

La porte s'ouvre brutalement. Deux hommes en peaux de bêtes pénètrent dans la prison des trois enfants leur provoquant des cris de frayeur.

Esteban : Oh ! Ce sont les hommes qui nous poursuivent.

Zia : (effrayée) Oh !

Waïna : (mettant son index devant ses lèvres) Chut ! N'ayez pas peur de nous. Nous ne sommes pas des ennemis. Mon nom est Waïna, et lui, c'est Ketcha.

Les enfants : (stupéfaits) Hein ?

Waïna : Nous venons pour vous sauver. Nous sommes envoyés par Kraka, le chef du Vieux Pic.

Esteban : (étonné) Hein ? Mais comment savez-vous qui nous sommes ?

Ketcha : Vous devez nous suivre. Maintenant.

Scène 16

Les enfants accompagnés de leurs nouveaux gardes du corps s'enfuient en courant vers le temple en empruntant l’allée couverte reliant les deux bâtiments. Mais des soldats aperçoivent leur fuite.

Soldat : Oh ! Alerte ! Alerte !

Waïna : (en le voyant) Courez vite !

Waïna et Ketcha stoppent les deux soldats en leur lançant leurs lances qui les arrêtent net.

Soldat : Mais relève toi bon sang ! Vite ! Vite, les enfants se sauvent.

Scène 17

Arrivée dans le temple, Zia salue respectueusement la statue du dieu et tire sur un grand anneau métallique. Une dalle sur le sol s'ouvre soudain, libérant des marches d’un escalier menant à un passage secret.

Esteban et Tao : (en voyant la dalle se dérober sous leurs pieds) Oh !

Esteban : (stupéfait devant un tel prodige) Hé ben ça alors !

Zia : Il faut faire vite, venez ! Allons-y !

Zia pénètre la première dans le passage secret, bientôt suivie par ses camarades.

Scène 18

Des soldats arrivent dans le temple juste au moment où la dalle se referme derrière nos héros.

Soldat : Par ici !

Soldat : Ô ben ça alors, ils ont disparus !

Gaspard : Alors où ils sont ?

Soldat : Ils ont disparus, Capitaine.

Gaspard : Mais c'est impossible. Mais restez pas plantés là. Ils sont quelque part. Cherchez-les !

En fouillant, un soldat fait tomber par inadvertance un petit bloc de pierre et, par effet de dominos, tout le temple commence à s'effondrer.

Soldat : (étonné) Oh ! Oh !

Gaspard : Mais qu'est-ce qui se passe. Oh ! Oh ! Sortons de là tout de suite !

C'est la panique générale parmi les soldats de la troupe de Gomez. La statue, dont les mains soutenaient le plafond, s'affaisse doucement laissant effondrer le toit du temple sur les soldats espagnols.

Soldat : (à un de ses camarades qui tardait trop) Mais ! Bouge !

Gaspard : Sauvons-nous vite ! Tout va s'écrouler !

Les soldats sortent en courant de l’édifice en perdition.

Scène 19

Gaspard rejoint Gomez à l’extérieur du temple.

Gaspard : Commandant Gomez !

Gomez : Et les enfants ?

Gaspard : (légèrement essouflé) Ils ont réussi ! Ils ont réussi à s'enfuir en détruisant le temple en même temps.

Gomez : (étonné par les propos de son officier) Mais voyons, ce n'est pas possible !

Des soldats espagnols continuent de sortir en hâte du temple qui s’effondre de toutes parts.

Gomez : (aus soldats se trouvant à proximité de l'édifice) Éloignez vous du temple ! Mettez-vous à l'abri !

Le temple finit par s'effondrer complètement, produisant d'épaises fumées, avant de n'être plus qu'un immense tas de ruines.

Gomez : (sur le ton de la revanche tout en fixant les décombres encore fumantes) Je les retrouverai quoiqu'il m'en coûte.

Scène 20

Les enfants, Waïna et Ketcha sortent d'un puits situé non loin du village. Ils remarquent la destruction du temple au milieu du village de Zia.

Esteban : (à ses compagnons) Regardez ! Le temple a complètement disparu.

Tao : Ah voilà, c'était donc ça la colère de ton dieu : il a détruit le temple.

Pichu fait alors son apparition en volant joyeusement vers les enfants.

Pichu : Tao, Tao ! Je suis revenu !

Heureux, le perroquet apprivoisé se pose sur le bras gauche de son maître.

Tao : Ah, tiens ! Te revoilà ! Ah ah ah ah, tu nous as finalement retrouvés, toi !

Waïna se tourne vers une grande montagne, se trouvant très loin du village de Zia.

Waïna : Il faut partir pour le Vieux Pic, Kraka, notre chef, nous attend.

Esteban : Est-ce que c'est loin ?

Ketcha : Le Vieux Pic se trouve derrière cette montagne.

Esteban : (dans sa tête tout en fixant l'immense montagne lui faisant face) Je me demande ce qu'il va encore nous arriver.

Dans le prochain épisode...

Gomez et l'armée espagnole partent à la poursuite de nos héros qui ont fui le village inca et se réfugient au fort de l'Aigle Noir. Gomez décide d'attaquer le fort. Esteban et Zia sont sauvés de justesse grâce à la fusée éclairante que Tao vient d'inventer. Le petit groupe parvient à s'échapper et à rejoindre le Vieux Pic. Ne manquez pas le prochain épisode des Mystérieuses Cités d'Or.

Documentaire

À environ cent kilomètres de Cuzco, capitale des Incas, on trouve Tambobamba, village de montagne et ancienne étape située sur la grande route inca. On y pratique aujourd'hui l'élevage des bovins et des ovins.

Nous sommes au mois d'août et c'est la fête du village. Chaque famille prépare à cette occasion un morceau d'étoffe de couleur vive. On fait des vœux pour la santé des membres de la famille, pour la récolte prochaine et les guérisseurs du village passent dans chaque foyer pour réunir les carrés d'étoffe qui seront attaché sur le dos d'un taureau noir destiné à la corrida. Cette fête, appelée fête du condor, se tient chaque année au mois d'août depuis des siècles.

Autrefois les villageois organisaient un combat entre un condor, symbole des Incas, et un taureau noir représentant l'Espagne. On capturait un condor dans la montagne et on l'attachait sur le dos d'un taureau. Effrayé, ce dernier se mettait à courir, tandis que l'oiseau de proie lui déchirait le col et le dos à coups de serres et de bec. Le condor triomphait à chaque fois, bien sûr. On le libérait et selon la direction dans laquelle il prenait son envol, on pouvait prédire une bonne ou une mauvaise récolte.

Le moindre village des Andes possède des arènes et la corrida est devenue inséparable de toute fête. La fête exprime les vœux traditionnels des paysans pour que bœufs, cochons, moutons, se reproduisent en grand nombre et pour que les récoltes de maïs ou de pommes de terres soient abondantes. Ce sont les souhaits traditionnels qu'on retrouve dans les fêtes paysannes du monde entier. Aujourd'hui, les étoffes de couleur remplacent le condor sur le dos des taureaux. Et les jeunes hommes de Tambobamba se mesurent à eux selon la tradition des toreros espagnols.

Ainsi la fête de Tambobamba, qui n'était au départ qu'une vengeance symbolique des Incas sur les Espagnols, traduit-elle aujourd'hui l'introduction de l'élevage dans une société dont les activités, autrefois, étaient purement agricoles.

Au revoir, à bientôt.