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Transcription de la version française de l'épisode 1x07 - Le secret du Solaris

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

Esteban et Zia, dans l’archipel des Galapagos, ont découvert une petite île sur laquelle vit un jeune garçon : Tao. Ces ancêtres, dont la civilisation était très avancée, avaient dissimulé sur l’île un bateau contenant tous les secrets de leurs savoirs. Nos amis découvrent ce navire fabuleux qui va les conduire jusqu’au nouveau continent.

Scène 1

Tandis que le navire Solaris mouille à proximité de l’île, Tao et Esteban sont dans une cabane dans les arbres. Tao donne de nouveaux vêtements à Esteban.

Tao : Tiens, mets ces vêtements, Esteban! Les tiens sont complètement déchirés.

Esteban : Merci Tao.

Esteban enlève sa chemise. Tao découvre le médaillon du soleil incomplet de son nouvel ami.

Tao : Oh ! Dis-moi Esteban, qu'est-ce que c'est que ce bijou-là ?

Esteban : Je ne sais pas, je le portais déjà quand Mendoza m'a sauvé il y a douze ans. Regarde, Zia a le même. (Zia rentre à cet instant dans la cabane.) Seulement le mien est incomplet. Mendoza en a pris la moitié quand il m'a sauvé. Et depuis il questionne Zia pour essayer d'en connaître l'origine.

Tao : Oh tu dois garder le secret, il ne faut rien dire à Mendoza.

Zia : C'est mon père, le Grand Prêtre des cités d'or qui me l'a donné.

Tao : Voilà ce que Mendoza voudrait savoir.

Scène 2

Sancho est sur le pont du Solaris, Mendoza et Pedro, dans la cabine.

Sancho : Oh re-re-re-re-gardez la-la voi-voi-voile. C'est c-c-curieux, elle commence à bou-bouger.

Sancho part en courant, un peu effrayé devant de tels prodiges.

Mendoza : (actionnant les manettes) Bon, ben il ne nous reste plus qu'à en comprendre son fonctionnement. Voyons cette manette...

Mendoza tire sur une manette au hasard, l'ancre remonte.

Pedro : (étonné) Oh ! Ça fait remonter l'ancre !

Mendoza repousse la manette qu'il avait tirée et l'ancre replonge bruyamment au fond de la mer.

Mendoza : Ces habitants du royaume de Mu étaient vraiment des génies.

Pedro : Dis-moi, Mendoza, où ils sont maintenant, les habitants du royaume de Mu ? Tu crois qu'ils se cachent ?

Mendoza : Ah ça je voudrais bien le savoir. Ce qui est certain c'est que Tao est bien un de leur descendant.

Pedro : Euhhh ! Oooh ! Alors tu sais où est caché l'or ?

Mendoza : Non, pas encore. Écoute ! Nous avons fait la connaissance d'enfants incroyables, non ? Esteban qui commande au soleil, Zia qui connaît les chemins des cités d'or et maintenant Tao et son vaisseau extraordinaire.

Pedro : Oh je les vois déjà ! Des centaines des milliers des pièces d'or rien que pour moi.

Mendoza : Nous n'en sommes pas encore là, calme-toi, Pedro !

Pedro : Oh là là là là là là là là ! Oh Je me sens léger comme un petit oiseau à l'idée de tous ces trésors. Mais qu'est ce qu'on va découvrir d'abord en premier des doublons ? des rubis ? des diamants ?

Pedro est appuyé contre la porte de la cabine. Sancho le renverse en l'ouvrant violemment.

Sancho : Oh Pe-pe... Oh Pe-pe... Excuse-moi Pe-pe... Tu t'es fait m-m-m-mal ?

Pedro : Ah mais je ne t'ai pas senti arriver...

Sancho : J'ai commencé à visiter le ba-ba... le ba-ba... enfin si tu savais toutes les ca-ca... les cabines qu'il contient, si tu voulais toutes les c-c-compter, il faudrait oh là là qu'il faudrait...

Scène 3

L'arbre de Tao est en feu, les trois enfants contemplent ce sinistre spectacle.

Esteban : Mais pourquoi tout brûler, Tao ? Ça sert à rien. Je comprends pas !

Tao : Je ne veux pas revenir. Je quitte cette île pour toujours.

Pichu : (en voletant autour de son maître) Je pars avec toi, Tao. Je pars.

Tao : (à Pichu) Viens, partons.

Les enfants et le perroquet apprivoisé s'éloignent sans se retourner. Les cabanes en feu commencent à s'écrouler.

Scène 4

Solaris s'éloigne de la plage, Esteban et Zia sont sur le pont et regardent le rivage d'où de nombreux animaux de l'île les observent.

Zia : (à une mouette) Adieu ! Adieu ! (aux iguanes) Adieu ! Non, au revoir, au revoir à tous !

Esteban : C'est drôle, j'ai eu l'impression que les animaux comprenaient.

Zia : Bien sûr !

Scène 5

Les trois Espagnols sont dans la cabine avec Tao. Sancho est auprès Pedro qui tient la barre tandis que Mendoza est à côté du dernier descendant de l’empire de Mu qui consulte assidûment son encyclopédie, un ouvrage volumineux frappé du sceau du soleil.

Pedro : (heureux) C'est merveilleux cette mécanique. Regarde il suffit de faire tourner cette roue pour que le navire change de cap !

Sancho : Oh c'est pas com-com-compliqué. On pourrait le di-di-diriger.

Tao : (le nez plongé dans son livre) Oh je crains que non. Les choses ne sont pas si simples, Sancho.

Mendoza se rapproche de Tao et observe ce qu’il est en train de lire.

Mendoza : Qu'est-ce que c'est que ça ? Mais, Tao, tu es donc capable de déchiffrer ce livre ? Tu arrives à lire ces inscriptions ?

Tao : Évidemment que j'en suis capable. Après tout, c'est la langue de mon pays.

Mendoza : (gêné) Ah oui, bien sûr, j'avais oublié.

Sancho et Pedro se moquent de Mendoza en pouffant de rire "Ah ! oublié... Oublié...", ce qui vexe ce dernier. Mais, dignement, il toussote puis sort de la cabine sans accorder un regard à ses deux subalternes.

Pedro : Ça y est, Tao, nous sommes sortis de la baie.

Tao : Bon alors maintenant il faut mettre le cap à l'est.

Pedro : (enthousiaste) À vos ordres, Capitaine.

Scène 6

Mendoza inspecte l'intérieur du navire. Il découvre d'innombrables cabines. Dans l'une d’'elles, il y a une étrange lueur rouge qui sort des murs et le proccupe. Il essaye en vain de démonter une des plaques ornant ce mur mais rien n'y fait. Parcourant un couloir, il ne peut pas cacher son étonnement en pénétrant trouve un salon luxueux et richement décoré. Au bout d'un escalier qui le mène jusqu'à une immense pièce, Mendoza aperçoit un grand cube doré qui l'intrigue.

Mendoza : (perplexe) Quelle étrange construction. Je ne vois d'entrée nulle part.

Intrigué, Mendoza colle son oreille contre la paroi dorée.

Scène 7

Esteban et Zia sont assis dans une grande salle très luxueuse dont les fenêtres ne sont autres que les yeux de la figure de proue de Solaris.

Esteban : Tu es certaine de ce que tu avances sur Mendoza ?

Zia : Je le sens. J'en suis sûre. Il est notre allié pour l'instant, mais il nous abandonnera dès que nous aborderons le nouveau continent.

Esteban : Je ne peux pas imaginer que Mendoza soit l'homme dont tu me parles. Je n'arrive pas à croire que son intention soit de trahir.

Zia : La seule chose qui l'intéresse, à mon avis, c'est l'or. Il se moque bien de ce qui pourra nous arriver. Une fois qu'il aura atteint son but il nous trahira. Au fond, il est comme tous les Espagnols.

Esteban : (scandalisé) Ah là je trouve que tu vas un peu loin.

Zia : Quoi ? Oh oui, excuse-moi, j'avais oublié que tu es Espagnol. Hi hi hi ! Alors tu es l'exception qui confirme la règle.

Esteban : Moi tout ce que je veux, c'est retrouver le pays de mon père. L'or ne m'intéresse pas, je n'en veux pas.

Zia : Oui, je le sais. Nous mettrons bientôt pieds sur le nouveau continent, moi aussi j'en rêve. Au fait, tu sais où est Tao ?

Esteban : Ça fait bientôt trois jours qu'il passe son temps à examiner le vaisseau sous toutes ses coutures. Depuis notre arrivée, il n'a pas pris de repos.

Scène 8

Tao est grimpé sur un amoncellement d'engrenages qui lui sert d'escabeau et mesure le mur devant lui avec un long mètre à ruban.

Tao : Si mes calculs sont exacts. La longueur est...

Esteban arrive tout doucement par derrière afin de faire peur à son ami.

Esteban : Ah !

Tao : Oh oh oh !

Tao chute lourdement de sa position peu stable.

Tao : Ah tu te crois malin peut-être, je me suis fait mal !

Esteban : Excuse-moi Tao. Tu ne penses pas que tu es en train de perdre ton temps ?

Tao : Je dois à tout prix savoir de quoi est fait et comment fonctionne ce bateau. C'est pour la mémoire de mes ancêtres.

Esteban : Tu sais, Mendoza prétend que le bateau est trop grand par rapport à la taille de sa voile et que si on nous attaquait on serait tout de suite rattrapé.

Tao : Ah ah ! T'inquiète pas ! Il y connaît rien. J'ai lu dans ce livre que le soleil nous aidera quand nous en aurons besoin. Seulement je ne comprends pas encore ce que cela veut dire. Il reste encore beaucoup de choses étranges, vraiment. J'ai tout étudié. Comment manipuler les voiles, le gouvernail, le plan de chaque pièce, mais il reste un endroit que je n'arrive pas à m'expliquer.

Esteban : Ah ?

Tao : C'est en bas au centre du navire mais il n'y a pas de porte pour y rentrer.

Esteban : Hein hein...

Scène 9

Les deux enfants arrivent en courant dans la pièce au cube d'or et s'arrêtent juste devant l'étrange construction découverte précédemment par Mendoza.

Esteban : C'est ça ?

Tao : Oui, j'en ai fait le tour, il n'y a ni porte ni fenêtre.

Esteban fait le tour de l'objet cubique.

Esteban : Oh, c'est vrai. Il n'y a que des murs, pas d'ouverture !

Tao : Oh l'entrée se trouve peut-être dans une autre pièce.

Esteban montre soudain du doigt un étrange ornement au milieu d'un dessin représentant le soleil tout en haut du cube.

Esteban : Et cette chose là, qu'est ce que c'est ?

Tao : Je ne sais pas, peut-être un motif de décoration...

Esteban : J'ai vu le même sur la proue et dans la cabine de pilotage.

Tao : De toute façon, je suis sûr que quelque chose d'important est caché là-dedans. Même dans le livre je ne trouve aucune description de cet endroit.

La voix de Mendoza les surprend soudain.

Mendoza : Alors les conspirateurs, je vous dérange ?

Mendoza, qui est sur le pas de la porte, rentre tranquillement.

Mendoza : Moi aussi je me demande ce qu'il y a là. On entend un léger bruit qui vient de l'intérieur, comme un mécanisme. Qu'en pense le capitaine Tao ? Si le capitaine lui même l'ignore ce n'est pas nous, pauvres marins ignorants qui...

Tao : Ne t'inquiète pas pour moi, je trouverai bien la solution !

Mendoza : Évidemment, avec un bon coup de hache. Nous le saurions... Ne t'inquiète pas ce n'est qu'une plaisanterie. Hi hi hi... S'il y a un mécanisme à l'intérieur, nous ne pouvons pas prendre le risque de...

Sancho arrive au loin en criant.

Sancho : Aha haha ha...

Sancho entre en trombe dans la pièce.

Sancho : Men-mendoza où étais-tu ? Je t'ai cherché dans tout le ba-ba...

Mendoza : Mais que se passe-t-il ? Qu'y a-t-il de si urgent ?

Sancho : Dans tout le bateau... Venez vite ! Il y a un bateau en vue par tribord arrière.

Mendoza : Un bateau ? Bon sang !

Tous sortent de la salle pour remonter sur le pont en courant.

Scène 10

Esteban, Tao, Mendoza et Sancho rejoignent Pedro et Zia sur le pont.

Mendoza : Aucun doute, c'est un vaisseau espagnol.

Pedro : Hein tu en es tout à fait sûr ?

Sancho : Q-q-quel malheur ! Nous sommes si près du nouveau c-c-continent.

Mendoza : Ben, c'est bien à cause de ça. Ils doivent transporter des armes et des munitions aux garnisons de Panama.

Tao : S'ils nous aperçoivent, qu'allons-nous faire ?

Scène 11

Sur le navire espagnol, Gaspard et Gomez regardent au loin, discourant ensemble de la perte de l'Esperanza.

Gaspard : (désespéré) Ah ! Seigneur Gomez, comment allons-nous expliquer notre naufrage au gouverneur Pizarro. Il sera furieux de la perte du bateau.

Gomez : (réaliste) Il sera surtout furieux que je ne lui ramène pas Zia. Il comptait sur elle pour lui indiquer la route des cités d'or. S'il apprend en plus que nous avons perdu dans le naufrage ce garçon, cet Esteban, qui commande au soleil et...

Gaspard : Nous pouvons toujours dire qu'ils ont essayé de s'évader ou qu'ils sont morts de maladie. Après tout, nous sommes les seuls survivants.

Gomez : Oui, bien sûr, personne ne pourra raconter le contraire. Seulement, en perdant Zia, nous lui faisons perdre une fortune fabuleuse et tu sais comme moi ce que représente l'or pour le gouverneur : il n'en a jamais assez.

Un cri tombe de la vigie.

Homme de la vigie : Alerte ! Navire inconnu par tribord avant !

Capitaine : (qui a rejoint Gomez et Gaspard) Ce n'est pas un vaisseau espagnol. Je n'ai jamais vu un bateau qui porte aussi peu de voile par rapport à son tonnage.

Gomez : Pourtant, il navigue aussi vers Tumbes.

Capitaine : C'est peut-être un de ces navires qui transportent en secret de l'or.

Gomez : Oui, pour Pizarro, sans doute. Je ne crois pas les Incas capables de construire un vaisseau aussi grand. À combien sommes-nous encore de Tumbes ?

Capitaine : Oh... Avec ce vent nous arriverons avant le coucher du soleil.

Gomez : (résolu) Rattrapons ce vaisseau et nous saurons enfin à qui nous avons à faire.

Capitaine : Bien, Seigneur Gomez.

Scène 12

Dans la cabine de pilotage de Solaris, la tension est palpable.

Esteban : Tao ! Les Espagnols sont en train de nous rattraper.

Tao : Ah, c'est le moment ou jamais de comprendre le livre. Bon... "Le soleil doit nous aider..." disait le texte.

Esteban : Vite, Tao !

Scène 13

Le navire espagnol tire un boulet de canon qui tombe juste derrière la poupe de Solaris. Sous l’effet du choc, Pichu tombe du baluchon de Tao dans lequel se trouve son vase d'or et qui servait de perchoir à son perroquet.

Pichu : Ah !

Tao : Pichu ! Tu n'es pas blessé ?

Pichu : (fou de rage) Ah ils pourraient prévenir tout de même ! Bande de flibustiers ! Pirates ! Pirates !

Mendoza : (réaliste) Ce n'est que le coup de semonce. La prochaine fois, ils ajusteront le tir.

Scène 14

Le bateau espagnol continue de poursuivre Solaris.

Capitaine : (étonné) Ils n'ont pas réagi à notre avertissement.

Gomez : Je n'ai jamais vu un pareil vaisseau.

Capitaine : Est-ce qu'on leur envoie une bordée ?

Gomez : Non, attendez, il nous faut examiner ce navire. Maintenez le cap ! On va le rattraper et l'arraisonner.

Scène 15

Le vaisseau espagnol gagne du terrain et rattrape Solaris. Sancho et Mendoza sont encore sur le pont. Ils regardent, impuissants, le navire ennemi arriver à leur hauteur.

Sancho : M-m-mendoza. Il serait peut-être mieux d-d-d-de leur obéir.

Gaspard : Rendez-vous ! Ou nous allons vous envoyer par le fond, c'est compris ?

Sancho montre Gaspard à Mendoza.

Sancho : Re-re-regardez q-q-q-qui est est-là !

Mendoza : Gaspard ! Mais comment ?

Gaspard : Je dois rêver ou alors j'ai affaire à des revenants. Oh...

Gaspard regarde dans la cabine de pilotage de Solaris et reconnaît Zia qui est en train de discuter avec Esteban.

Gaspard : (en aparté) Oh ! Zia ! C'est elle, c'est Zia ! (tout fort) Seigneur Gomez ! C'est Zia ! Elle est là sur ce bateau, je l'ai reconnue.

Gomez : Zia ? Capitaine, il faut absolument les capturer vivants !

Scène 16

Le vaisseau espagnol se met en position de tir, sabords ouverts et pointant ses canons sur Solaris.

Mendoza : Mais ils vont nous couler ! Il faut absolument que Tao fasse quelque chose. Depuis le temps qu'il étudie ce livre... Allez !

Ramenant rageusement les pans de sa cape, Mendoza part en courant dans la cabine, bientôt suivi par Sancho.

Scène 17

Mendoza pénètre en trombe dans la cabine de pilotage.

Mendoza : Nous n'avons pas le choix : il faut fracturer le cube !

Tao : (étonné) Hein ?

Mendoza : Il y a peut-être des armes fabuleuses cachées à l'intérieur.

Tao : Tu penses à l'or ?

Mendoza : Allons, Tao ! Je ne crois pas tes ancêtres assez stupides pour cacher de l'or dans un endroit pareil. Non, je pense plutôt à cette force mystérieuse dont parle ton livre.

Tao : Mais hé...

Mendoza : Tu veux donc que les Espagnols s'emparent de Zia pour arriver aux cités d'or ?

Tao : Oh euh...

Esteban : Tao, essayons, j't'en prie !

Tao : D'accord.

Mendoza : Sancho, aide-les ! Tu trouveras une hache dans la cale, en bas. Vite, Tao, chaque minute compte.

Tao : Hum, hum.

Esteban, Tao et Sancho partent en courant jusqu'à la salle de l'étrange cube doré.

Scène 18

Les deux enfants et le marin arrivent dans la pièce au cube d'or. Sancho, muni d'une hache, s'élance au devant de l'étrange construction.

Tao : Ce mur-là, Sancho, vas-y !

Sancho : Je m'en o-o-o-occupe.

Sancho frappe de toutes ses forces sur le cube, mais rien ne se passe.

Sancho : (étonné) Incroyable ! Y'a même pas une égratignure.

Esteban arrête soudain le bras de Sancho.

Esteban : Attends !

Sancho : Hein ?

Esteban : Et cette chose là-haut. Plus ça va, plus je pense que ce n'est pas un simple ornement.

Esteban tire sur ce qui ressemble à une manette : une ouverture carrée apparaît juste en face d'eux, laissant découvrir une autre manette semblable à la première.

Tao : Ah il ne fallait pas, le mur est peut-être abîmé à jamais.

Sancho : Y-y-y'avait p-p-p-pas le p-p-porte...

Esteban : La même manette que tout à l'heure.

Tao actionne la seconde manette et... tout un mécanisme secret se met soudain en marche.

Scène 19

Tous les ponts intérieurs de Solaris s'ouvrent les uns après les autres jusque dans la cabine de pilotage, permettant ainsi aux rayons du soleil d'éclairer le sommet du cube doré.

Mendoza : Oh !

Esteban Tao et Sancho sont pris de frayeur.

Mendoza : Regardez la voile !

La voile se range toute seule dans le pont, et une autre, apparemment métallique se déplie automatiquement à sa place. Des dizaines de rames sortent de chaque côté du bateau et se mettent à ramer avec vigueur.

Mendoza : (étonné) Mais... mais d'où peuvent bien sortir ces rameurs ?

Pedro est à genoux devant la barre, n'osant plus regarder dehors tellement il est effrayé.

Pedro : Oh Mendoza, c'est un démon qui fait avancer le bateau, j'ai peur.

Zia : (gardant son sang-froid) Non, c'est la puissance du soleil qui donne la force nécessaire.

Solaris se met d'un coup à aller beaucoup plus vite que le bateau espagnol et finit par le dépasser entièrement.

Gaspard : Par la malepeste !

Marin : Vous avez vu ? Il y a au moins cent rameurs qui font avancer le navire !

Marin : J'en compte au moins deux-cents.

Gomez : Tirez mais tirez donc, ils nous échappent !

Capitaine : Bien, Seigneur Gomez. Tous à vos pièces, feu à volonté !

Les Espagnols tirent des coups de canon mais manquent de peu la poupe de Solaris. Esteban et Tao remontent sur le pont pour regarder ce qui se passe. Sur le navire espagnol, Gomez enrage.

Gomez : Feu ! Feu ! Mais tirez bon sang !

Solaris prend rapidement de l'avance sur ses poursuivants.

Pedro : (tournant joyeusement la barre) Hé hé hé hé ! Hé hé ! Nous sommes hors de portée. Vous pourrez tirer tant que vous voudrez. Hé hé hé !

Scène 20

Sur le pont de Solaris, Mendoza a rejoint les deux enfants.

Mendoza : Esteban, ils ne peuvent plus nous atteindre, maintenant. Nous allons trop vite pour eux.

Tao : (en aparté) Grâce à la voile.

Mendoza : Dites-moi vous deux, qu'avez-vous donc trouvé à l'intérieur de ce cube ?

Esteban : Je ne sais pas. J'ai juste tiré sur un levier et tout s'est déclenché. C'est tout ce que je sais.

Mendoza : C’est incroyable !

Admiratif, Mendoza regarde la nouvelle voile. Celle-ci brille de milles feux.

Mendoza : Oh...

Scène 21

À bord du navire espagnol en déroute.

Gaspard : C'est le vaisseau du diable, je ne peux pas croire qu'il appartienne à notre monde.

On aperçoit les canonniers de la San Miguel, noirs de suie, découragés de voir ainsi leur proie leur échapper.

Gomez : (fou de rage) Zia est derrière tout ça, elle nous échappe encore. Mais une chose est sûre : ils sont vivants. Nous les rattraperons à Tumbes et là leur vaisseau ne leur servira plus à rien.

Solaris s'éloigne de plus en plus du bateau espagnol qui est maintenant distancé.

Scène 22

La nuit tombe, les rames se rangent automatiquement dans leur logement, la voile métallique se replie elle aussi et elle est immédiatement remplacée par celle en toile.

Esteban : Tout s'est arrêté, mais le soleil, alors ?

Tao : Oh ! C'est extraordinaire.

Esteban : Oh oui, ça tu peux le dire.

Esteban et Tao regardent devant eux le soleil en train de se coucher.

Tao : C'est bien ce qui était annoncé dans le livre.

Mendoza surplombe les deux enfants.

Mendoza : Tao, je l'avoue : la science de tes ancêtres dépasse de cent coudées la mienne.

Tao esquisse un petit sourire de fierté.

Tao : Ah !

Scène 23

Un peu plus tard, sur le pont. Zia regarde aperçoit quelque chose à l'horizon.

Zia : Je crois bien que... Oui, la terre là-bas regardez !

Des montagnes apparaissent tout près de Solaris.

Esteban : Oh ! C'est le nouveau continent.

Zia : Cette fois je vais retrouver les miens.

Tao : (en extase devant ce spectacle) Oh comme c'est grand !

Zia : Enfin ! C'est encore plus beau que dans mon souvenir.

Solaris continue de naviguer vers les côtes américaines pour la plus grande joie de ses passagers.

Dans le prochain épisode...

Après de nombreuses péripéties, nos héros mettent enfin pieds sur le nouveau continent. Mais ils arrivent sur le territoire de Pizarro qui a fait enlever Zia, sachant qu'elle connaît le chemin des cités d'or. Ne manquez pas le prochain épisode des Mystérieuses Cités d'Or.

Documentaire

Le bateau d'Esteban a dû affronter la tempête et traverser le détroit de Magellan pour parvenir à la côte Pacifique du nouveau continent. Mais les espagnols empruntaient une autre route pour atteindre le pays des Incas.

Après avoir traversé l'Atlantique et la mer des Caraïbes, ils étaient arrivés à l'emplacement de l'actuel canal de Panama. "Panama" est un mot indigène qui signifie "endroit riche en poisson".

Port Beïro (sic), sur la mer des Caraïbes, n'était qu'un paisible village de pêcheurs jusqu'à ce que les Espagnols en fassent une forteresse d'où ils embarquaient, à destination de l'Espagne, les richesses volées aux Incas. Le chargement des navires attirait, immanquablement les pirates anglais et français. Il y reste encore les vestiges des magasins où étaient entassés l'or, l'argent et les pierres précieuses, ainsi que les ruines du camp des esclaves noirs.

À quelques distances du centre-ville subsistent des vestiges de l'ancienne ville de Panama. Lieu de transit de toutes les riches denrées que l'on acheminait à dos d'homme, ou à cheval, de l'océan Pacifique vers la côte Caraïbe, elle fut régulièrement occupée, et même brûlée, par les pirates. Aujourd'hui, les navires du monde entier empruntent le canal de Panama qui relie les deux océans et qui est devenu un élément essentiel du commerce mondial.

Tout autour de Panama, on dénombre environ cent soixante petites îles. La plupart d'entre elles constituaient d'excellentes cachettes pour les pirates qui guettaient le passage des convois espagnols chargés d'or. Combien de galions espagnols dorment sur les grands fonds de la mer des Caraïbes, laissant s'échapper de leurs flancs éventrés l'or des Incas ?

Au revoir, à bientôt.