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Transcription de la version française de l'épisode 1x04 - Dérive sur la mer infernale

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

Ballottée par un vent terrible et une mer déchaînée, L’Esperanza, grâce aux efforts de Mendoza, réussit à traverser le détroit de Magellan. Mais d’autres épreuves attendent le navire qui est pris dans un typhon...

Scène 1

La tempête se fait de plus en plus pressante et le gréement du navire commence à craquer de toutes parts. Dans la salle du gouvernail, l'imminence de la rencontre de l’Esperanza avec la tornade devient palpable.

Mendoza : (tenant de toutes ses forces la barre avec Pedro) L'ouragan nous attire vers lui. Impossible d'y échapper. Le mieux est que chacun s'arrime où il pourra.

Scène 2

Dans la cale où sont enfermés les deux enfants, des cordes cassent, libérant des tonneaux de vin qui se fracassent en tombant.

Zia : Esteban !

Esteban : Qu'est-ce que ça veut dire ? Que sont-ils en train de faire là-haut ?

Scène 3

Dans la salle de pilotage, Sancho vient d'attacher Mendoza à la barre du gouvernail.

Mendoza : Ça ira comme ça. Sancho, va t'attacher maintenant.

Pedro attache le commandant Perez à une colonne à proximité du gouvernail.

Pedro : Hé, bé hé. Ça vous va comme ça, Commandant Perez ?

Perez : Mais pas si fort voyons, tu vas m'étouffer !

Pedro : Ha bah si vous êtes douillet, je peux pas vous arrimer, hein, alors...

Perez : Insolent ! Tu te moques de moi ? Je t'ordonne de m'attacher solidement !

Pedro : Alors....

Pedro sert la corde plus fort.

Pedro : Gnnnn...

Perez : Sale brute ! Je peux plus respirer. Tu me fais mal, tu me fais mal !

Scène 4

La tornade se rapproche à la grande frayeur des marins. Certains se mettent à prier à l’image du commandant Perez mais bientôt l'Esperanza est prise dedans.Le vent s’engouffrant dans les voiles, le bateau s’envole littéralement au-dessus des flots. Zia, Pedro et Perez émettent un cri de peur. Puis, la tornade passée, l'Esperanza retombe lourdement sur les flots.

Perez : Maman au secours, j'm'envole, j'm'envole ! (Perez se cogne au plafond de la salle du gouvernail) Ouh ! Ma tête !

Pedro et Sancho : Aïeaïaïaïaïaïe !

Esteban : (toujours à fond de cale avec Zia) Oh, cette fois c'est la fin du monde !

Zia : Oh !

En retombant violemment dans la mer, la coque du bateau se fissure et les mâts du navire s’abattent toutes en même temps. L'Esperanza prend bientôt l'eau de toutes parts.

Marins : Nous coulons ! Tout le monde sur le pont !

Scène 5

Dans la cale qui se remplit rapidement d'eau.

Esteban : Zia ! Oh tu es blessée ?

Zia : Oh ça ne va pas, j'ai la tête qui tourne !

Esteban : Que s'est-il passé ? Je n'y comprends rien ! Tout à l'heure, j'ai eu l'impression que le bateau s'envolait.

Scène 6

Dans la salle du gouvernail.

Perez : (toujours attaché au mat jouxtant le gouvernail) Oh zut ! Je n'arrive pas à me sortir de cette satanée corde. Il a trop serré... Hé !

Mendoza : Sancho, Pedro ! Tout va bien ?

Sancho et Pedro : Y-a-trop !

Mendoza : (à Perez) Prenez la barre, Commandant !

Perez : (qui a réussi à se débarrasser de ses liens) Prenez la barre, prenez la barre... Vous en avez de bonnes ! Il faudrait d'abord que j'arrive à me détacher. Gnnnn... Ça y est ! Vous êtes bien sûr, Mendoza, que vous voulez que ce soit moi qui tienne la barre ?

Mendoza : Oui, Commandant Perez ! Si vous voulez que tout le monde s'en sorte sains et saufs. Pedro ! Sancho ! J'ai besoin de vous. Vous, suivez-moi !

Pedro : Et tenez bon la barre, Commandant ! Hi hi hi.

Perez : C'est ça ! Laissez-moi tout seul ! Il n'y a que moi qui sache me rendre utile sur ce bateau.

Le commandant pousse la barre violemment et tombe par terre. Le gouvernail n'oppose aucune résistance : il est cassé.

Scène 7

Mendoza part en courant dans la cale après avoir pris une hache.

Pedro : Hé Mendoza ! Où est-ce que tu vas ?

Mendoza : Je descends. Il faut que j'aille libérer Esteban et Zia qui sont restés enfermés dans la cale. Vous deux, restez ici et attendez-nous ! Vous nous donnerez un bon coup de main quand nous aurons besoin de remonter.

Pedro : D'accord.

Sancho : D-d-d-d'accord.

Mendoza saute dans la cale inondée.

Marin : Mendoza, tu es fou, il y a des voies d'eau partout !

Au fond de la cale.

Zia : (en apercevant l'eau s'approcher d'elle) Ohoooo !

Esteban : Le navire va couler !

Esteban et Zia : Au secours ! Venez nous chercher ! Au secours !

Scène 8

Sur le pont, l'évacuation se prépare.

Gomez : Mettez le canot de sauvetage à la mer !

Gaspard : Dépêchez-vous, tas de fainéants !

Gomez : Capitaine Gaspard, allez me chercher Zia dans la cale ! J'ai besoin d'elle. Vous savez que je dois absolument la conduire au gouverneur Pizarro.

Gaspard : Mais oui, mais oui, bien sûr. Nous avons besoin d'elle si nous voulons parvenir aux mystérieuses cités d'or.

Scène 9

Dans la cale, l'eau monte toujours. Esteban et Zia ont un mouvement de recul lorsque l’eau envahit leur cellule.

Esteban et Zia : Ooooohhh !

Mendoza : Esteban ! Zia ! Tenez bon !

Esteban : (à Zia) C'est Mendoza ! Il vient nous sauver.

Mendoza : Écartez-vous ! Je vais essayer d'arracher ces barreaux.

À l'entrée de la cale qui se remplit d’eau à vue d’œil.

Sancho : Le ni-ni-ni-niveau m-m-m... le ni-niveau m-m-m-monte. F-f-f-faites v-v-vite !

Gaspard arrive derrière eux.

Gaspard : Ahhhhhh...

Pedro : Ben oui ! Capitaine Gaspard, qu'est ce que vous faites par ici ?

Gaspard : Écarte-toi, moucheron ! Je suis venu chercher Zia !

Sancho : Ahahaha ! On ne pa-pa-pa-pa... on ne pa-pa-passe pas !

Pedro : On ne pa-pa-passe pas !

D'un revers de la main, Gaspard envoie Sancho et Pedro contre le mur. Ils s'évanouissent sous le choc. Gaspard commence à descendre l'échelle, mais le premier échelon cède sous son poids et le capitaine tombe, broyant, au passage, tous les autres barreaux. Il finit par tomber à l'eau. Sur le pont de l'Esperanza, Gomez n'est toujours pas monté à bord du canot de sauvetage.

Perez : Dépêchez-vous de monter à bord, seigneur Gomez ! Pour l'amour du Ciel ! Sinon nous risquons de sombrer nous aussi dans les tourbillons que fera le navire en coulant.

Gomez : Attendez encore un peu ! J'ai envoyé Gaspard chercher la petite Zia.

Dans la cale, Mendoza tape avec la hache sur le cadenas. Mais il doit interrompre son action lorsque le navire tangue violemment.

Esteban et Zia : Aaaaahhh !

À cet instant, Gaspard, à cheval sur un tonneau, arrive sur eux.

Gaspard : Mendoza ! Ha ha ! Ha ha ! (Gaspard tire son épée de son fourreau) Cette fois-ci tu ne m'échapperas pas. Ha ha ha ! Ha ha ha ! Ha ha ! Hé hé ! À nous deux, mon lascar, je vais en finir avec toi. Ha ha ! Héé Chargeeeeeeez ! Ho... Hoooo...

Gaspard perd l'équilibre et tombe à l'eau.

Esteban : Attention Mendoza, il remonte !

Gaspard : Maudit sois-tu, Mendoza !

Une nouvelle brèche dans la coque envoie Gaspard vers le fond de la cale, loin de nos héros.

Gaspard : Aaaaahhh !

Sur le pont, les impatiences se font vives.

Perez : Seigneur Gomez, nous ne pouvons plus attendre, l'Esperanza va couler.

Le canot de sauvetage s'éloigne avec Gomez et Perez à son bord.

Perez : Mon Dieu, quel malheur, nous avons tout perdu, oh là là là là...

Scène 10

Mendoza est maintenant obligé d'aller sous l'eau pour essayer de faire sauter le cadenas pendant qu’Esteban et Zia tentent de retenir leur souffle pour ne pas se noyer. De leur côté, Sancho et Pedro reprennent connaissance.

Sancho : Hé ! T-t-t-tu as vu, P-p-p-pedro ? L'eau est arrivée jusqu'ici... jusqu'ici.

Sous l'eau, le cadenas cède enfin.

Mendoza : J'ai fait sauter la serrure. Plongez et sortez !

Esteban et Zia prennent une profonde inspiration et nagent vers la sortie. Tandis que Mendoza aide Zia a sortir de la cale, Esteban, en bon nageur, traverse la salle inondée. À un moment, pour reprendre sa respiration, il arrive sous un tonneau et a quelques problèmes. Esteban arrive enfin à l'entrée de la cale, sain et sauf.

Sancho : E-e-esteban !

Zia et Mendoza arrivent aussi. Zia reprend sa respiration.

Pedro : Hourra ! Ils sont tous sauvés !

Mendoza : Sortons ! Le bateau va couler d'une seconde à l'autre.

Scène 11

Nos héros arrivent sur le pont.

Pedro : Mendoza ! Le canot de sauvetage n'est plus là !

Mendoza : Comment ?

Sancho : Oh...

Ils assistent à une véritable scène de désolation. La mer est remplie de marins essayant tant bien que mal de sauver leur vie sur des débris laissés par le navire en perdition.

Pedro : Oh les lâches, ils nous ont abandonnés.

Des planches du pont commencent à se fendre avec fracas.

Mendoza : Oh ! Le bateau se coupe en deux ! Allez tous à l'avant, vite !

Zia : Ooooohhh !

Esteban : Oh ! Regardez !

À peine étaient-ils arrivés à l'avant du bateau que le bateau se coupe en deux. Les naufragés de l’Esperanza virent avec effroi la partie arrière du navire sombrer dans un violent tourbillon.

Scène 12

Sur ce qui reste du bateau, il n'y a plus que Mendoza, Sancho, Pedro, Esteban et Zia.

Sancho : E-e-e-esteban, je suis t-t-trempé, appelle donc le s-s-s-soleil.

Esteban : Quoi ?

Sancho : Nous allons cou-couler. Je t'en supplie, Esteban.

Pedro : Protège-nous, Esteban ! Puisque tu es le fils du soleil.

Esteban : Mais vous vous trompez !

Pedro : Aie pitié des pauvres naufragés que nous sommes !

Sancho : Pitié !

Les deux marins se mettent à genoux devant lui.

Esteban : Vous me demandez l'impossible ; je ne suis qu'un garçon comme les autres, moi.

Pour échapper à leurs demandes incessantes, Esteban grimpe en haut du mât brisé qui se trouvait sur ce qui restait de l’Esperanza. Une fois arrivé au sommet, le soleil réapparaît, dissipant les nuages.

Mendoza : Oh !

Pedro : Oh là là...

Esteban : (en protégeant ses yeux des ardents rayons du soleil) Oooh ! C'est un miracle. La tempête vient de cesser.

Scène 13

Au beau milieu de la nuit, le ciel est dégagé. Seuls, Esteban et Zia ne dorment pas et profitent de ce moment de répit pour observer les étoiles.

Esteban : (la tête en bas) Zia, regarde toutes ces étoiles sur la voûte du ciel !

Zia : Oh, regarde ! Une étoile messagère.

Esteban : Tu veux dire une étoile filante.

Zia : Non, non, une étoile messagère des dieux. Quand on aperçoit dans le ciel une étoile messagère, il faut faire un vœu. C'est mon père qui me l'a dit autrefois, il y a longtemps.

Esteban : (se redressant pour s'approcher de son amie) Ton père ? Pourquoi est-ce que tu ne parles jamais de lui, Zia ? Raconte-moi tout ! Parle-moi de ton pays et de ta famille !

Zia : Il ne veut pas que je parle de lui, ni de mon pays. Il m'a ordonné de ne jamais en parler à personne, quoiqu'il arrive.

Esteban : Pourquoi ?

Zia : Remarque, c'est vrai, toi tu n'es pas Espagnol. C'est pas pareil. À toi, je sais que je peux faire confiance.

Ils entendent à cet instant Sancho et Pedro en train de ronfler bruyamment.

Esteban : Non ! Si ton père t'a interdit de parler, il vaut peut-être mieux que tu ne dises rien.

Zia : Ne soit pas bête, Esteban. Mon pays est situé à l'intérieur des terres, il se nomme Shimon.

Esteban : Shimon ?

Zia : Chhuuut !

Zia plaque soudain sa main sur la bouche d'Esteban.

Sancho : Shimon... Ah... Shimon...

Zia n'enlève sa main qu'au bout d'un certain temps, permettant ainsi à Esteban de respirer de nouveau.

Zia : Dans mon pays, mon père est le Grand Prêtre et c'est donc lui qui est chargé de servir tous les dieux de notre peuple.

Esteban : Alors il est un peu comme était le père Rodriguez à Barcelone avec sa cathédrale.

Zia : Oui.

Esteban : Hum, c'était donc ça.

Zia : Esteban, promets-moi surtout de ne jamais le répéter à qui que ce soit au monde !

Esteban : Oh ! Bien sûr, Zia. Je te jure que je ne le répéterai pas.

Zia : (joignant les mains pour prier) Que l'étoile messagère nous sauve et nous garde en vie, voilà le vœu que je fais !

Scène 14

Le haut du mât brisé émet soudain une étrange lueur.

Esteban : Hein ?

Zia : Han !

Esteban : Quelle est cette lueur ? Mendoza, réveille-toi ! Mendoza !

Sancho, Pedro et Mendoza se réveillent.

Mendoza : Euanh ! Qu'y a-t-il Esteban ? Pourquoi m'as-tu appelé ?

Esteban : Regarde en haut du mât !

Mendoza : Ça, Esteban, c'est un feu de Saint-Elme.

Esteban : Ça veut dire quoi ?

Mendoza : La plupart du temps, les marins considèrent que le feu de Saint-Elme est un mauvais présage.

Zia : Regardez, le brouillard nous entoure !

Le vent se lève brusquement.

Esteban : Que se passe-t-il ? Nous avançons de plus en plus vite !

Les cinq naufragés de l’Esperanza entendent des bruits suspects venant du dessous du bateau.

Pedro : Aïaïaïaïe ! Mais qu'est-ce que c'est que ce bruit qu'on entend ?

Mendoza : On dirait un courant sous marin qui racle le fond de la coque.

Pedro : Le-l-le bateau va pas résister, il va se casser.

Mendoza : Vite ! Il faut fabriquer un radeau.

Scène 15

Sur le demi-bateau sur le point de couler, tout le monde s'affaire à construire un radeau en démontant les planches.

Pedro et Sancho : (en train d'arracher des planches) Ho hisse !

Zia : (à Esteban) Mais qu'est-ce que tu fais ?

Esteban : Je suis en train de fabriquer une rame. Ça pourra nous servir.

Mendoza : Excellente idée, Esteban. Fais-en une pour chacun de nous !

Esteban : D'accord.

Scène 16

Les bruits se font de plus en plus forts. Tout le monde s’affaire à terminer le radeau dans les temps. Sancho et Pedro continuent la démolition de la partie avant du navire aux cris de "Allez !" pendant que Mendoza installe des vivres sur le radeau. Il était temps car la coque du navire commence à se rompre.

Mendoza : Hé ! Oh !

Pedro : Tout est prêt, Mendoza.

Mendoza : Bon. Que tout le monde se prépare, nous allons y aller !

Pedro : D'accord. Adieu mon joli bateau.

Sancho : Ça me fait v-v-vraiment de la p-p-pei-peine... ça me fait vraiment... Enfin j'ai beaucoup de chagrin.

Sancho envoie des baisers à son bateau. Son bras heurte le nez de Pedro.

Pedro : Hé, mon nez !

Tout le monde est sur le radeau. Mendoza donne le signe du départ.

Mendoza : Attention, cramponnez-vous, je coupe l'amarre ! Allez ya !

Le radeau file sur la mer au moment où tout ce qui reste de l’Esperanza sombre au fond de l'eau avec fracas.

Scène 17

Plus tard. La mer est calme et le ciel est dégagé.

Sancho : Z-z-zut ! Pas le moindre îlot en vue.

Pedro : Et il ne reste juste que quelques vieux biscuits et des anchois. Je me demande combien de temps on va tenir. Et toutes ces barriques vides, moi, ça me donne soif.

Mendoza : Je vous en prie, arrêtez donc de vous plaindre ! Est-ce que Zia et Esteban se plaignent, eux ?

Pedro : Ha bah évidemment, le fils du soleil, lui, c'est plus facile.

Sancho : Et nous on est fra-fra... on est fragiles.

Gros plan sur la rame d'Esteban. Elle disparaît d'un seul coup dans l'eau.

Esteban : Oh !

Quelques secondes plus tard, la rame d'Esteban remonte en petits morceaux à la surface. Un aileron de requin fait alors son apparition.

Esteban : Hum... Zia, regarde ce drôle de poisson qui a un triangle sur le dos !

Sancho regarde du côté d'Esteban.

Sancho : Hum ? Un p-p-poisson avec un triangle sur le dos, ça n-n-n'existe pas. (Sancho aperçoit le requin) Oh M-m-m-maman, un r-r-requin !

Esteban : (affolé) Un requin ? Oh !

Scène 18

Le poisson arrive sur eux, bientôt accompagné de ses congénères qui assaillent les naufragés de toutes parts.

Zia : Ohhhh !

Pedro : Eehhh !

Mendoza : Attention, vous tous, cramponnez-vous !

Pedro : Au secours ! Au secours !

Une battaille acharnée contre ces redoutables prédateurs commence.

Pedro : Et voilà pour toi, hé requin ! Aïeaïaïaïe...

Esteban : Aahhh ! Ça va, Zia ?

Zia : Oui...

Un requin saute près de Sancho.

Sancho : Tu vas voir un peu, toi, grand lâche si t-tu t'approches, je vais te faire tâter d-de ma... de m-m-ma rame.

Un requin, sautant par-dessus le radeau casse le mât et les deux tonneaux de vivres.

Pedro : Ha bah hé dis donc hé la barrique d'anchois, hé !

Cette dernière action met fin à l'attaque des requins.

Pedro : Aaah !

Scène 19

Le calme est revenu sur le radeau.

Zia : À quoi penses-tu, Esteban ?

Esteban : Je pense à mon père.

Zia : À ton vrai père ?

Esteban : Oui, à mon père qui s'est perdu dans cet océan. Oh, combien de jours a-t-il pu résister, lui, comme ça ?

Un goéland survole soudain le radeau.

Esteban : Oh ?

Zia : Tu as vu quelque chose, Esteban ?

Esteban : Non, j'ai du me tromper. (Esteban montre l'oiseau) Oh ! Là, il y a quelque chose.

Mendoza : Qu'est-ce que tu as vu, Esteban ? Hein ?

Pedro : (blasé) Bah... Ce n'est qu'un goéland.

Sancho : (étonné) Un go-go-goéland ?

Mendoza : (catégorique) Mais une chose est sûre. S'il y a des goéland ici, c'est que nous devons être près d'une terre.

Avec archarnement, tous scrutent les alentours à la recherche d’une terre.

Esteban : Mais oui, regardez là-bas !

Sancho : Ah ! C’est... Ah ! C’est... !

Pedro : Oh, ha bah oui ! Ha bah oui !

Zia : Oooh !

Sancho : C'est... c'est... u-u-u-u-une...

Pedro : Bah c'est une île.

Zia : Esteban !

Mendoza : C'est une île, Esteban a raison. Vous voyez, mes amis, qu'il ne faut jamais perdre espoir.

Scène 20

Les cinq naufragés se mettent à ramer de toutes leurs forces en direction de l'île.

Mendoza : (dépité) Oh, c'est peine perdue, le courant nous entraîne vers le large. Je vais y aller à la nage.

Mendoza attache une corde reliée au radeau autour de sa taille et plonge dans la mer.

Sancho : A-a-a-attention, Mendoza ! Un r-r-requin derrière toi !

Mendoza : Hein ?

Le navigateur voit derrière lui l’aileron de l’animal s’approcher. Il doit se résoudre à l’affronter.

Esteban : Attrape, Mendoza !

Esteban lance à Mendoza une rame. L’Espagnol la saisit et une nouvelle bataille s’engage. Mendoza plonge sous l'eau et attend le requin au détour d'un rocher, il s'élance au passage du poisson. Après un court combat, du sang remonte à la surface. Mendoza sort sain et sauf de l'eau... et le requin, un bâton planté dans le ventre, apparaît avant de disparaître pour de bon.

Scène 21

Mendoza arrive sur l'île et s'écroule, épuisé de fatigue. Ses compagnons débarquent sur la plage, encore abasourdis par le récent combat du navigateur contre le requin. Puis des cris de joie se font entendre. "Hourra ! Youpi ! Ça y est ! On est sauvé ! Youpi !". Sancho embrasse le sable.

Sancho : Ce n'est pas le moment de j-j-j-jouer, P-p-p-pedro, ni de d-d-dormir, il faut r-re-re-remercier le S-s-seigneur.

Mendoza : Ah, Esteban ! Ton seigneur le soleil ne t'a pas abandonné non plus. Et grâce à lui, nous sommes... sauvés.

Mendoza tombe à genoux sur le sable.

Esteban : C'est plutôt parce que tu es bon nageur. Les requins n'en revenaient pas !

Mendoza : Ha ha ha. Tu peux le dire. Ha ha ha.

Rire général.

Pedro : Eh ! Qu'est-ce que vous attendez tous ? La vie est belle, nous sommes sauvés, on va trouver les cités d'or, on va les voir. Allez viens danser !

Sancho : Youpi !

Pedro : Non ! Toi, Esteban ! Viens danser avec moi !

Pedro invite Esteban à danser tandis que Sancho prend le bras de Zia pour entamer avec elle une valse endiablée.

Sancho : Et moi, Zia ! Regardez ! Regardez ! Sur une jambe ! Et maintenant sur mon... Boum !

Dans le prochain épisode...

L'île, sur laquelle Esteban et ses amis ont échouée, est peuplée de bien étranges animaux. Alors qu'ils dorment d'un profond sommeil sur la terre enfin retrouvée, Esteban et ses amis sont réveillés par une mystérieuse créature. Ne manquez pas le prochain épisode des Mystérieuses Cités d'Or.

Documentaire

Si vous dériviez sur un océan comme Esteban et ses amis, vous y rencontreriez des phénomènes étranges. Nous allons demander aujourd'hui à un navigateur japonais, Monsieur Himada, de nous donner ses impressions.

« Monsieur Himada, avez-vous déjà vu un feu de Saint-Elme ?

– Non, mais j'aimerais bien en voir un une fois dans ma vie. Mais il parait que c'est assez risqué car on dit que les feux de Saint-Elme font perdre leur route aux navigateurs.

– Que craignez-vous le plus en mer ?

– Oh, c'est sans doute le calme plat, l'absence totale de vent. Vous savez, le bateau avance grâce à la force du vent. Si le vent cesse de souffler, le navigateur ne peut plus maintenir son cap. Il ne peut plus naviguer, il dérive. Un courant peut faire dériver un bateau à la vitesse d'un enfant qui court. On voit une île au loin et l'instant d'après... on ne la voit plus.

– Le calme doit être désespérant, mais pour vous, marin, ne reste-t-il plus rien à faire ?

– Ah, on jette un noyau de prune séché dans la mer en faisant un vœu pour que le vent se lève. C'est curieux, je sais, mais nos vœux se réalisent très souvent.

– Pour nous, qui ne sommes pas marins, les tempêtes ou les ouragans sont des phénomènes terrifiants.

– En effet, la tempête est effrayante. Il m'est arrivé de rencontrer des vagues aussi hautes qu'une maison de deux étages. Je les entendais frapper la coque. Je sentais le bateau plonger dans les vagues. Tout ça crée un état psychique extraordinaire. Je connaissais bien ma position, mais j'avais peur de toucher un haut fond ou de m'écraser sur un écueil. Je sentais l'angoisse qui montait, qui montait...

– Donc la tâche la plus difficile n'est pas de vaincre la tempête, mais de garder son sang-froid et de contrôler son angoisse.

– Absolument. L'essentiel quand on est en mer c’est de savoir se maîtriser.

– Merci, Monsieur Himada. »

Au revoir, à bientôt.