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Transcription de la version française de l'épisode 1x02 - Vers le diabolique détroit de Magellan

Note : Cette transcription est faite à partir des dialogues de la version française de l'épisode. Ce n'est pas une traduction des dialogues de la version anglaise. Certains mots, expressions ou phrases peuvent donc parfois être différents de ce que donnerait une traduction des dialogues de la version anglo-saxone. Les descriptions se trouvant en italique ne font pas partie des dialogues de l'épisode et sont insérées pour permettre de mieux situer le contexte. Chaque transciption des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or comprend toujours quatre parties :


Précédemment dans Les Mystérieuses Cités d'Or...

Le père Rodriguez, qui a élevé Esteban, a révélé son secret avant de mourir : le père du petit garçon est peut-être encore vivant. Esteban décide donc de partir pour le nouveau continent et grâce à Mendoza, personnage mystérieux qui prétend l’avoir sauvé quand il était bébé, il s’embarque clandestinement à bord de l’Esperanza. Le matin du départ, il rencontre une jeune fille du nom de Zia...

Scène 1

L'Esperanza part sous les feux d'artifice qui illumine le port de Barcelone et sous les acclamations d’un public venu en grand nombre.

Marin : Levez l'ancre !

Marin : Levez l'ancre !

Marin : Renforcez !

Marin : Hissez les voiles !

Marin : Hissez les voiles !

Marin : Larguez la grand-voile !

Marin : Larguez la grand-voile !

Marin : Nous ne reviendrons peut-être pas à Barcelone avant des mois.

Marin : C'est la fête sur le port aujourd'hui.

Marin : Oui, je serais bien resté un jour de plus.

La foule sur le port : "Au revoir ! Bon voyage !". L'Esperanza s’en va.

Scène 2

Esteban profite de ce moment pour monter à l'échelle et soulèver la trappe du pont supérieur afin de voir ce qui se passait. Des marins s'affairent.

Marin : Cap sud-sud-ouest.

Marin : Cap sud-sud-ouest.

Esteban : Viens voir Zia, ça y est, on est parti ! L'Esperanza quitte Barcelone. La cathédrale devient de plus en plus petite.

Esteban fait mine de sortir sur le pont mais Zia le retient.

Zia : Attention Esteban !

Esteban : Ouf, t'as raison. J'avais oublié qu'il fallait que j'attende le signal de Mendoza pour sortir. (Au fond de la cale) Hein ? Dis donc, on dirait qu'il y a une fuite dans le bateau. Ah ! Si une tempête se levait, je me demande s'il n'y aurait pas quelques problèmes... Dis donc Zia, j'ai l'impression que personne ne se soucie de nous. Hé mais d'où vient cette médaille que tu as là ? Et Regarde, j'ai exactement la même !

Zia : Hein ?

Esteban : Oui, je l'ai depuis que je suis tout petit. Je l'avais autour du cou quand on m'a trouvé. Fais voir...

Zia : Elles sont exactement pareilles, mais la tienne n'a pas le morceau central : le soleil.

Esteban : Oui, c'est Mendoza qui l'a. Il l'a gardé depuis le jour où il m'a sauvé d'un naufrage.

Zia : (en remettant son médaillon autour du cou) Je n'aime pas Mendoza, c'est un homme méchant.

Esteban : Oh, il n'est pas si méchant que ça, puisqu'il m'a sauvé la vie. Et puis c'est lui qui m'a fait embarquer pour cette traversée.

Zia : Oui, c'est lui aussi qui m'a enlevée pour aller voler les richesses de mon pays.

Esteban : Quoi ?

Zia : Il est comme tous les Espagnols, il n'y a que l'or qui intéresse Mendoza.

Esteban : Oh !

Zia : (rire) Je n'ai pas voulu dire ça pour toi. Toi, d'ailleurs, tu n'es pas vraiment Espagnol.

Esteban : En tout cas, maintenant je suis là pour te protéger, et on ne se quitte plus.

Les deux enfants se serrent la main comme pour mieux sceller leur nouvelle amitié.

Zia : On ne se quitte plus.

(rire de joie d’Esteban)

Scène 3

Esteban et Zia sont secoués par les mouvements brusques du bateau.

Esteban : Oh mais qu'est-ce qui se passe ?

Scène 4

En bon marin, Mendoza constate l'état déplorable du bateau en testant la solidité des cordages.

Mendoza : Mais ma parole, ce navire est complètement pourri !

Sancho : Men-do-do... Men-do-do... Mendo... Mendo...

Pedro : ...doza !

Sancho : Mendoza !

Pedro : Tu ne nous as pas dit ce que tu comptais faire pour Esteban dis donc.

Mendoza : Rien. Rien pour l'instant, mais il ne faut surtout pas qu'on le découvre, nous pourrions avoir des ennuis.

Scène 5

Dans la cale, Esteban est visiblement malade.

Zia : Tu ne te sens pas bien ?

Esteban : (se crispant de douleur) Oh non ça va pas du tout, j'ai mal au cœur. Je…

Zia : Tu as le mal de mer il faut que tu prennes l'air, ça te fera du bien. Allez viens avec moi !

Zia entraîne Esteban vers le pont supérieur. Ils montent l'échelle. Un homme menaçant se tient en haut.

Zia : Oh !

Gaspard : Herg. Hé ben d'où sortez-vous, vous deux ?

Mendoza, Sancho et Pedro arrivent dans la cale sans se faire voir. Gaspard tient à bout de bras un enfant dans chaque main.

Mendoza : Trop tard, le capitaine de la garde les a découverts.

Gaspard : Petits sacripants ! Est-ce que vous vous rendez compte que nous sommes maintenant en plein milieu de l'océan ?

Gaspard secoue violemment Esteban au point de le faire vomir.

Esteban : Ne me secouez pas comme ça !

Gaspard : Malade, hein ?

Esteban : Ah, tout tourne autour de moi.

Pedro : Où les emmène-t-il ? Oui… qu'est-ce qu'il va leur faire ?

Mendoza : Tel que je connais le capitaine Gaspard, il est bien capable de les jeter par-dessus bord.

Sancho : Mais alors on va pas pou-pou... on va pas pouvoir trouver les ci-ci-ci-cités d'or ?

Mendoza : Ces deux enfants sont l'aboutissement de toutes mes recherches depuis dix ans. Je ne laisserai pas Gaspard me les prendre.

Scène 6

Le capitaine Gaspard emmène les deux enfants sur le pont.

Gaspard : Seigneur Gomez ! Commandant Perez !

Zia : Aïe ! Arrêtez, vous me faites mal !

Esteban : Lâchez-moi, grosse brute !

Gaspard : Seigneur Gomez, regardez ! J'ai trouvé ces deux passagers clandestins qui s'étaient cachés dans la cale.

Gaspard laisse tomber les enfants par terre.

Esteban : Oh ça va pas... Burps...

Gomez : (tout bas) Perez, je vous avais demandé d'enlever la fille, mais pouvez-vous m'expliquer ce que fait le garçon à bord ?

Perez : (tout bas) Je ne comprends pas, Excellence. Mendoza devait seulement s'occuper de la petite Zia.

Gomez : (tout bas) Quelle situation embarrassante, je n'avais pas du tout l'intention de mettre Gaspard au courant de cette affaire.

Gaspard : Commandant Perez, que se passe-t-il ? J'ignore ce qui se trame à bord de ce bateau, mais ce qui est sûr c'est que ni l'un ni l'autre de ces deux enfants ne devrait se trouver à bord de l'Esperanza. (à Esteban qui commençait à partir) Reste là ! Consentirez-vous à m'expliquer ?

Perez : Je...

Gaspard : Le voyage jusqu'au Nouveau Monde va durer cinq mois. Ce sera pas une partie de plaisir. Les vivres sont calculés au plus juste. Et je ne tiens pas à avoir à nourrir des bouches inutiles.

Perez : Monsieur ! Ce n'est pas parce que vous êtes le capitaine du gouverneur Pizarro que vous pouvez vous permettre de me parler sur ce ton. Ceci est parfaitement intolérable !

Gaspard : Et pourtant, Commandant, il faudra bien que vous lui rendiez des comptes un jour ou l'autre au gouverneur Pizarro. (à Esteban qui recommençait à partir) Vas-tu rester en place deux secondes, toi ? Moi j'ai bien envie de les balancer par-dessus bord. À moins, bien sûr, que vous ne soyez disposés à leur céder votre propre ration ! Ha ha ha ha !

Perez : Ça suffit ! Je suis le commandant de ce navire, seul maître à bord. Et tout capitaine d'armée que vous êtes, vous devez vous soumettre à mon autorité !

Gaspard : Hein ? Puisqu'il en est ainsi... (Gaspard attrape les deux enfants) Les passagers clandestins je les jette par-dessus bord. Et pas plus tard que tout de suite. Venez par ici mes mignons. Allez ! A la mer !

Esteban : Lâchez-moi, mais lâchez-moi !

Zia : Non, au secours au secours, lâchez-nous !

Mendoza attrape une corde, et se balançant dessus, se précipite au secours des enfants.

Gaspard : Allez hop ! (Mendoza catapulte de ses pieds la tête de Gaspard dans un seau) Huuuummmm ! Orgh ! Qu'est-ce que c'est ? Qui s'est permis, que je l'étripe ?

Mendoza tient les enfants contre lui.

Mendoza : Capitaine Gaspard, ces enfants sont sous ma protection et je vous prierai, à l'avenir, de les laisser tranquilles !

Gaspard : Comment ? Qu'est qu'il raconte celui-là ? (Gaspard écrase un seau en métal entre ses mains) Je vais te réduire en bouillie !

Mendoza : Je suis Mendoza, votre navigateur. Et moi seul suis capable de faire franchir à l'Esperanza le détroit qui passe au sud du Nouveau Monde.

Gaspard : Hé ben parfait ! Puisque t'es un marin, tu n'ignores pas nos coutumes. Tu vas donc me faire le plaisir de jeter toi-même ces deux galopins par-dessus bord. Ou alors... (Gaspard tire son épée)

Mendoza : Ce ne sont pas des passagers clandestins. Cette jeune fille, le seigneur Gomez la connaît. N'est-ce pas ? Et vous aussi, commandant Perez !

Perez : Humm...

Gaspard : Hein ?

Gomez : Humm...

Mendoza : Et ce garçon, c'est Esteban, celui qui commande au soleil. Tout Barcelone connaît ses pouvoirs. Et vous, vous voulez le jeter à l'eau ?

Murmures dans le groupe de marins qui regardent la scène. "Comment ? Le fils du soleil ? " "Le jeter à leau ! Ce n’est pas possible ! " "Le fils du soleil" "Ce n’est pas très réel ! "

Gaspard : (se retournant vers les marins) Hein ?

Gomez : Bien. Cela suffit, capitaine Gaspard. Rengainez votre épée !

Perez : Vous avez entendu, Capitaine ? Son Excellence vous ordonne de laisser ces enfants en paix. Obéissez !

Gaspard : Nous nous retrouverons, Mendoza. Un jour ou l'autre, je te ferai payé ça ! (Gaspard descend les marches et s'adresse aux marins) Alors vous autres ? Allez, au travail !

Marins : Oui, capitaine… Oui…

Perez : Mendoza. Je vous ai seulement demandé de vous occuper de la petite Zia. Vous avez failli tout compromettre.

Mendoza attire Zia contre lui.

Zia : (surprise) Oh !

Mendoza : J'ai cru bien faire, Commandant. Vous n'ignorez pas à quel point ce vaisseau est en mauvais état ?

Perez : Hein ? Oui, bien sûr.

Mendoza : Quand les marins se rendront compte du triste état des mâts, des voiles, des cordages... Quelle sera leur réaction à votre avis, Commandant ?

Gomez : Répondez, Commandant !

Perez : (penaud) Hé bien euuuhhh....

Mendoza : Il n'est plus possible de rebrousser chemin. N'est-ce pas, Commandant ?

Perez : Heuu... Oui... euuuhhh...

Mendoza : Mais maintenant que les marins savent qu'Esteban, le fils du soleil, est parmi nous, ils vont se sentir protégés contre les tempêtes, et même sur une épave, ils n'auraient pas peur. J'ai pensé qu'à ma place, vous en auriez fait autant.

Perez : Hé bien... Hé hé ! Oh oui, tout à fait.

Gomez : Hé bien, Mendoza, vous voilà satisfait, n'est-ce pas ? Et puisque le commandant n'y trouve rien à redire...

Mendoza : Merci seigneur Gomez. Puis-je vous demander ce que je dois en conclure pour les enfants ?

Gomez : Disons qu'ils sont sous votre responsabilité jusqu'à notre arrivée.

Mendoza : Merci seigneur Gomez, merci commandant Perez ! Esteban, Zia, suivez-moi !

Mendoza s'en va vers sa cabine, accompagné des enfants.

Gomez : Habile ce navigateur, mon cher Perez. Ce Mendoza est un peu petit trop perspicace pour mon goût.

Perez : Il est toujours possible qu'en arrivant en vue de la capitale Lima, il ait la malchance de tomber par-dessus bord.

Rire sinistre des deux compères.

Scène 7

La nuit tombe. Dans la cabine de Mendoza, Esteban est de plus en plus malade.

Esteban : Oh ! Oh non !

Zia : Courage Esteban, ça va passer. Moi, quand j'ai fait mon premier voyage, il m'a fallu trois jours pour supporter le roulis.

Esteban : Trois jours ? Ho, ho Je pensais pas que ça serait si difficile.

Esteban sort brusquement de la cabine.

Zia : Esteban, où vas-tu ? Reste ici !

Esteban : Laisse-moi tranquille ! Ne me parle plus, je veux être seul. Oh.

Zia : Tu n'es pas gentil avec moi. Tu m'avais dit que toi et moi on ne se séparerait jamais.

Esteban : Oh !

Esteban s'évanouit en délirant tout en rêvant aux mystérieuses cités d’or.

Scène 8

C'est la nuit. Esteban se réveille et respire profondément.

Esteban : Oh, ça va mieux. Si j'avais su que c'était comme ça un voyage en bateau, je ne sais pas si je serais parti.

Gaspard et Gomez sortent de leur cabine sans voir Esteban.

Gomez : Comme je vous le disais, mon cher capitaine Gaspard, je pense que vous comprenez maintenant pourquoi le gouverneur désire que je lui amène Zia...

Gaspard : Ouais, ouais, les cités d'or. Ha ha. J'en avais entendu parler. Seulement... Si il y a une montagne d'or à gagner...

Gomez : Vous aurez votre part. Mais maintenant, vous devez laisser ces deux enfants en paix. Quant à Mendoza vous pourrez vous venger de lui en temps voulu. Nous n'aurons plus besoin de ses services en arrivant en vue du port de Lima. Vous pourrez alors vous débarrasser de Mendoza.

Gaspard : Bien ! Je suis à vos ordres, mais ça me coûte d'être obligé de vivre à ses côtés pendant cinq mois à bord de ce bateau. Je vous le cache pas, Excellence. Ça me coûte.

Gomez : Sans Mendoza, le commandant Perez est incapable de franchir le détroit de Magellan. Je vous demande donc d'être patient, mon cher capitaine. Votre vengeance n'en sera que plus savoureuse.

Esteban : Oh ! Oh les monstres ! Il faut que j'aille prévenir Mendoza.

Scène 9

Dans la cabine de Mendoza.

Mendoza : Bien. Donc ils ne tenteront rien contre moi tant que je leur serais utile pour franchir le détroit de Magellan.

Esteban : Et j'ai entendu aussi qu'ils comptent bien sur Zia pour leur indiquer la route jusqu'aux mystérieuses cités d'or.

Zia : Jamais je ne leur montrerai le chemin. Jamais je ne trahirai les miens.

Mendoza : Ne vous éloignez pas ! Tant que je serai là, vous ne risquez rien. Et Gaspard n'osera pas désobéir à Gomez.

Esteban : Pendant combien de temps ?

Mendoza : Ha ha ha ha ! Le temps va vous paraître bien long jusqu'à Lima. Mais vous tâcherez de vous distraire un peu.

Scène 10

Les jours passent. L'Esperanza navigue maintenant au milieu de l'océan Atlantique.

Scène 11

Esteban est en haut du grand mât avec Mendoza.

Esteban : C'est haut dis donc !

Mendoza : Ha ha ha ha ! Le fils du soleil a le vertige ? Ha ha ha ! Attention !

Esteban tombe de la vigie, et Mendoza le rattrape par les pieds. Esteban crie de peur.

Pedro : Tu sais Esteban, tu ne seras pas un vrai marin tant que tu ne sauras pas grimper en haut du mât sans l'aide de Mendoza.

Esteban : (hurlant de toutes ses forces) Je ne veux pas être marin !

Scène 12

Gomez et Gaspard se promènent sur la dunette de l'Esperanza. Ils aperçoivent au bas des marches de l'escalier menant sur le pont Zia en train de manipuler une sorte de métier à tisser en miniature qui lui serre à confectionner les quipus, l’écriture mystérieuse des Incas.

Gomez : (à Gaspard) Attendez là ! (lui montrant Zia) Regardez Gaspard, ce sont les signes des Incas !

Scène 13

Les jours puis les semaines passent. L'Esperanza s'approche près des côtes du Brésil.

Scène 14

Pour passer le temps, Esteban s'amuse à marcher en équilibre sur le mât de la proue.

Esteban : Oh !

Esteban perd l'équilibre et se retrouve accroché par les mains au mât.

Zia : Esteban ! Oh !

Esteban : Aah ! Oh !

Zia : Esteban... Esteban, tu vas tomber, reviens !

Esteban : Tout va bien Zia ! N'aie pas peur, fais comme moi !

Esteban a un léger vertige. Il prend de profondes inspirations puis siffle tranquillement pour tromper sa peur. Des ombres mystérieuses apparaissent alors. Une baleine saute devant Esteban.

Esteban : Waouahh !

Zia : Des baleines, Esteban, il y en a plein !

De nombreuses baleines nagent autour du bateau. L’Esperanza continue sa navigation vers le sud du nouveau continent.

Scène 15

Gaspard se bat à l'épée contre plusieurs gardes en même temps.

Garde : Allez, vas-y !

Gaspard : Allez vous autres ! Un peu d'exercice. Allez, à vous ! Allez !

Garde : Oh, je m'avoue vaincu.

Gaspard : Allons, au suivant de ces messieurs. À qui le tour ? Attaquez-moi tous à la fois ! Allez ! Hé, hé... Tas de poltrons ! (Gaspard aperçoit soudain Mendoza sur le pont) Mendoza, tu dois t'ennuyer à garder ces enfants. Que dirais-tu d'une petite leçon d'escrime ? Hein ? Quelques assauts...

Mendoza : Merci, mais je n'ai pas le temps. J'apprends à Zia et à Esteban les secrets de la navigation.

Gaspard : (sur un ton dédaigneux) Tu n'es qu'un lâche. Tu ferais mieux de leur enseigner l'escrime, c'est plus utile.

Mendoza : Il n'y a pas qu'avec une épée que l'on peut se protéger. Il faut savoir se servir aussi de sa tête. Mais ce sont des choses qui doivent vous échapper, Gaspard. Enfin je le crains.

Gaspard : Qu'est-ce à dire ? Répète un peu par la malepeste !

Gomez sort à cet instant de sa cabine.

Gomez : Capitaine Gaspard !

Gaspard : (étouffant sa colère) Gneui !

Scène 16

La tête en bas, Esteban s'amuse à marcher sur les mains sur une rambarde du pont.

Sancho : A-a-a-a-tention Esteban, t-t-t-tu pourrais tomber à-à-à la m-m-mé-mer.

Esteban : Hé ouiiiii ! Hé hé hé ! Hé ! (il voit soudain quelque chose) La mer ! la mer est toute jaune ! La mer est toute jaune ! Oh, c'est extraordinaire.

Mendoza : Cela signifie que nous approchons du Nouveau Monde, Esteban.

L'Esperanza traverse un nuage de papillons jaunes.

Mendoza : Des papillons d'or, c'est de bon augure.

Le spectacle des papillons d’or fascina tout l’équipage de l’Esperanza et certains marins voulurent même en attraper. Le navire quitte le nuage de papillons en laissant une traînée d'écume derrière lui.

Scène 17

Dans la cabine de Mendoza.

Mendoza : Nous allons bientôt pénétrer dans le détroit.

Esteban : Celui que Magellan a découvert il y a dix ans ?

Mendoza : Oui ! Dès demain sans doute. Je me mettrai à la barre, et j'y resterai pendant quatre jours et quatre nuits.

Esteban : (étonné) Comment ? quatre jours et quatre nuits à la barre sans dormir ?

Mendoza : Oui, le détroit est plein de pièges, le navigateur doit se méfier à chaque instant.

Esteban : Ha ?

Zia : Mais vous ne pouvez pas vous faire remplacer ?

Mendoza : Je ne tiens pas à mourir, du moins pas encore.

Esteban : Mais pourquoi ce détroit est-il tellement dangereux ?

Mendoza : Parce qu'à cet endroit-là, vois-tu, l'océan Atlantique et l'océan Pacifique se rencontrent.

Mendoza montre le détroit de Magellan sur une carte posée devant lui.

Mendoza : De ce côté-ci du détroit, c'est l'Atlantique, où nous nous trouvons. Et là, c'est le Pacifique. Entre ces deux océans la profondeur de la mer n'est pas la même, la hauteur de l'eau est différente. Selon les courants, les vagues te poussent vers l'Atlantique, ou, si les courants changent, elles te poussent vers le Pacifique. Et de plus, un vent violent souffle du nord. Dans ces conditions, des vagues pyramidales gigantesques se forment sans arrêt. Si un navire est pris de plein fouet par l'une d'elle, il est broyé.

Les enfants imaginent à cet instant l’Esperanza victime d’une de ces vagues.

Esteban : Oooooh !

Mendoza : Mais ne vous inquiétez pas ! J'en suis à mon troisième voyage, et je connais la façon d'aborder ces vagues. La mer grossit, mais ça ne fait que commencer. Je vais essayer de dormir quelques heures.

Mendoza s'allonge sur sa couchette pendant que le bateau craque de toutes parts à l’approche du terrible détroit de Magellan.

Scène 18

Dans la salle du gouvernail, Sancho et Pedro tiennent la barre de toutes leurs forces.

Sancho : Oh ! Co-co-commandant, nous a-a-approchons du dé-dé-dé-détroit. Les vents et les cou-cou-courants sont très forts, j'ar-r-rive pas à tenir la barre.

Perez : (à un marin) Hé toi ! Va chercher Mendoza dans sa cabine ! Tout de suite !

Scène 19

Le marin envoyé par Perez tape à la porte de la cabine de Mendoza.

Marin : Hé ! Mendoza ! Viens vite ! Nous approchons de la passe. Viens vite !

Mendoza se lève calmement.

Mendoza : À moi de jouer.

Esteban : Nous allons avec toi.

Mendoza : Non, non. Tout va être bouleversé à bord du bateau. Restez ici, vous serez en sécurité.

Mendoza ouvre la porte en bois et sort de sa cabine avec calme.

Scène 20

Deux marins sont sur le pont et regardent la mer démontée.

Marin : Regarde ! C'est le détroit de Magellan.

Marin : On dirait que c'est la fin du monde.

Dans le prochain épisode...

Après avoir traversé l'Atlantique, l'Esperanza arrive en vue du détroit de Magellan à l'extrémité sud du nouveau continent, endroit redoutable où la mer et le vent se déchaînent pour produire d'effroyables tempêtes. Le navire de nos amis parviendra-t-il à franchir ce détroit infernal ? Ne manquez pas le prochain épisode des Mystérieuses Cités d'Or.

Documentaire

Nos héros ont traversé l’océan Atlantique à bord de l’Esperanza. Jadis, les épices comme le poivre, par exemple, était indispensable dans la vie quotidienne des Européens qui devaient aller jusqu’en Asie pour les chercher. Mais la route habituelle par voie terrestre était bien trop longue et très dangereuse à cause des brigands. Pour cette raison, le prix des épices était très élevé. L’idée d’aller chercher ces précieuses marchandises par la voie maritime s’imposa donc. Les Portugais découvrirent la route qui longe la côte africaine vers le sud pour remonter ensuite vers l’Inde.

Rivale du Portugal, l’Espagne se devait de découvrir un autre chemin pour ne pas être perdante dans cette bataille commerciale. Alors vint Christophe Colomb. Persuadé que la Terre était ronde, il décida de naviguer vers l’ouest pour atteindre les Indes. Son bateau s’appelait la Santa Maria. On peut toujours l’admirer dans le port de Barcelone, en Espagne.

Sa longueur est seulement de vingt-neuf mètres mais, à la différence des modèles de l’époque possédant une voile unique, la Santa Maria était équipée d’une petite voile supplémentaire ; ce qui lui permettait d’augmenter considérablement sa vitesse. La rivalité entre le Portugal et l’Espagne permit donc de développer de nouvelles techniques de navigation. Deux mois et demi après le départ de Colomb pour les Indes, il arriva enfin en vue des îles de Bahamas, au large de l’Amérique. Mais Colomb, durant toute sa vie, persista à dire que ce rivage était celui de l’Inde. S’il avait affirmé le contraire, il aurait été accusé de ne pas avoir tenu la promesse qu’il avait faite au roi d’Espagne. C’est depuis Christophe Colomb que nous appellons « Indiens » des hommes qui ne sont pourtant pas originaires de l’Inde.

La découverte de l’Amérique ne fut donc que le résultat de la rivalité commerciale entre l’Espagne et le Portugal.

Au revoir, à bientôt.